Entre essor industriel, transition énergétique et diversification, les plus grandes économies africaines dessinent les contours d’un continent en pleine transformation. Focus sur les leaders du PIB en 2024, selon les données du FMI.



Le continent africain change de rythme. Dans un monde où les équilibres économiques se déplacent, l’Afrique accélère sa mutation et voit émerger de nouveaux pôles de puissance. D’après les derniers chiffres publiés par le Fonds monétaire international (FMI), les 15 plus grandes économies africaines totalisent ensemble plus de 2 270 milliards de dollars de PIB, révélant un dynamisme contrasté mais porteur d’avenir. Ces performances traduisent des trajectoires nationales diverses, mais aussi des tendances régionales profondes, entre industrialisation, urbanisation, et transition vers une économie numérique.

En tête du classement, l’Afrique du Sud (373,3 milliards de dollars) conserve sa première place grâce à la résilience de ses secteurs minier, financier et manufacturier, malgré des défis politiques internes et des inégalités persistantes. L’Égypte suit de près (347,5 milliards), portée par des réformes structurelles, un vaste programme d’infrastructures et une stratégie d’attraction des capitaux étrangers.

L’Algérie (266,7 milliards) profite de la vigueur de ses exportations énergétiques, tandis que le Nigeria (252,7 milliards), longtemps première puissance du continent, subit encore les contrecoups de l’instabilité politique, de la dépendance au pétrole et d’une inflation persistante. En revanche, l’Éthiopie (205,1 milliards), avec sa croissance soutenue, impressionne par son ambition industrielle et son rôle croissant dans la Corne de l’Afrique.

Plus au nord, le Maroc (152,3 milliards) confirme sa montée en puissance, grâce à une économie diversifiée, un secteur automobile performant et une diplomatie économique proactive. Le Kenya (104 milliards) s’impose comme un hub technologique régional avec la vitalité de la "Silicon Savannah", pendant que l’Angola (92,1 milliards) tente de stabiliser son économie post-pétrolière.

Les économies émergentes d’Afrique de l’Ouest, comme la Côte d’Ivoire (86,9 milliards), le Ghana (75,2 milliards) et le Nigeria, affichent un potentiel considérable, notamment grâce à la jeunesse de leur population, à l’essor de l’agro-industrie et à la digitalisation croissante. La Tanzanie (79,6 milliards) et la République démocratique du Congo (73,6 milliards) avancent à grand pas dans l’exploitation de leurs ressources minières stratégiques, attirant de plus en plus d’investissements étrangers directs.

Plus au sud et à l’est, des pays comme l’Ouganda (56,3 milliards), la Tunisie (54,7 milliards) et le Cameroun (53,2 milliards) jouent un rôle charnière dans leurs sous-régions respectives, notamment en matière de logistique, d’énergie et de commerce transfrontalier.

L’Afrique des géants économiques n’est donc plus une simple promesse : elle devient une réalité plurielle. Si les défis restent immenses – dette publique, vulnérabilités climatiques, gouvernance –, les perspectives sont tout aussi considérables. En 2024, les moteurs de croissance se déplacent, les équilibres se redéfinissent, et le continent s’impose comme un espace stratégique au cœur de la nouvelle géoéconomie mondiale. Pour les investisseurs, les analystes et les décideurs, ignorer l’Afrique n’est plus une option.