Après plusieurs semaines d’auditions, la justice haïtienne marque un tournant dans l’affaire de l’assassinat du président Jovenel Moïse. La Cour d’appel de Port-au-Prince, en date du 16 juillet 2025, a conclu les séances d’audition et appelle à une reprise complète de l’instruction.
Ce mercredi 16 juillet 2025, la Cour d’appel de Port-au-Prince a mis fin aux longues semaines d’auditions dans le cadre du dossier explosif de l’assassinat du président Jovenel Moïse. Cette clôture intervient après la phase finale des observations sommaires des différentes parties, et les dernières déclarations de plusieurs inculpés de premier plan, dont Macky Kessa, Joseph Félix Badio, Ronald Guerrier, ainsi que les 17 mercenaires colombiens.
Dans son réquisitoire présenté en audience publique, le ministère public a réclamé l’annulation de l’ordonnance controversée rendue par le juge instructeur Walther Wesser Voltaire en janvier 2024. Jugeant l’instruction entachée d’irrégularités, le parquet demande à la Cour de désigner un nouveau magistrat pour relancer le processus judiciaire.
Autre demande forte : l’appel à une entraide judiciaire internationale. Le ministère public souhaite l’intervention des États-Unis et du Canada pour auditionner plusieurs personnalités clés, dont les responsables de la société de sécurité CTU, Martine Moïse, Marie Etienne Joseph, Joverlein et Jomarlie Moïse, Léon Charles, Ariel Henry et l’ancien juge Roger Noël Cius.
Durant ces séances, aucun des 22 détenus n’a reconnu sa participation dans le crime. Contrairement aux suspects arrêtés aux États-Unis, qui ont accepté de plaider coupable dans le cadre d'accords judiciaires, les accusés en Haïti maintiennent leur innocence. L’ordonnance initiale du juge Voltaire est sévèrement critiquée : plusieurs personnalités citées, comme Claude Joseph, Martine Moïse, Rénald Lubérice, Léon Charles ou encore Louis Gonzague Edner Day, ont dénoncé une décision « bancale » et politiquement orientée.
Le président de la composition, le juge Emmanuel Lacroix, a donné ordre aux parties de déposer leurs pièces justificatives dans les délais prévus par la loi. Cette étape cruciale devrait déterminer les suites à donner à cette affaire emblématique, qui continue de révéler les failles profondes de la justice haïtienne et de soulever de nombreuses zones d’ombre autour de ce crime d’État.








































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