En visant 10 % des parts de Circle, émetteur du stablecoin USDC, BlackRock confirme sa stratégie agressive dans la crypto-finance. La finance traditionnelle fusionne peu à peu avec l’univers blockchain.
BlackRock ne se contente plus d’observer le monde des cryptomonnaies depuis la tour de verre de Wall Street. Le géant de la gestion d’actifs, fort de ses 11 000 milliards de dollars sous gestion, prévoit désormais d’acquérir 10 % des parts de Circle, la fintech à l’origine du stablecoin USDC, selon des sources relayées par Bloomberg. Cette opération, liée à l’introduction en Bourse très attendue de Circle, marquerait un tournant décisif dans l’hybridation entre finance traditionnelle et finance décentralisée.
Pour les investisseurs, c’est un signal sans ambiguïté : les stablecoins ne sont plus de simples outils de liquidité pour les marchés crypto, mais des piliers structurels de la finance de demain. Circle espère lever 624 millions de dollars lors de cette IPO, et gère déjà quelque 30 milliards de dollars dans son Circle Reserve Fund – dont 90 % sont placés dans un fonds monétaire gouvernemental géré... par BlackRock lui-même. Autrement dit, la boucle est bouclée : BlackRock détient déjà la majeure partie des réserves qui garantissent la stabilité de l’USDC. En devenant actionnaire, le gestionnaire d’actifs pourrait verrouiller encore davantage sa position.
Ce rapprochement stratégique intervient après le succès fulgurant de l’ETF Bitcoin IBIT lancé par BlackRock, devenu en quelques mois l’un des plus performants de l’histoire du secteur. L’USDC, moins volatil que le Bitcoin, représente une brique beaucoup plus “institutionnelle” : un pont entre les marchés régulés et l’écosystème crypto. Et c’est précisément ce pont que BlackRock semble vouloir contrôler.
Dans les coulisses, la bataille pour le contrôle de Circle fait rage. Coinbase, déjà partenaire clé de Circle, aurait étudié un rachat total, tout comme Ripple, désireux de renforcer sa présence sur le segment des paiements stables. Ces manœuvres montrent à quel point Circle est devenu une pièce centrale dans l’échiquier mondial de la tokenisation des actifs financiers.
Autre signal révélateur : Cathie Wood, via Ark Invest, envisage d’injecter jusqu’à 150 millions de dollars dans l’IPO. L’arrivée de poids lourds comme Wood et Fink sur le capital de Circle augure d’une recomposition des forces dans la finance numérique. Là où les débuts de la crypto évoquaient anarchie et disruption, nous assistons aujourd’hui à une intégration méthodique, stratégique, institutionnelle.
BlackRock ne cherche plus à surfer sur la vague crypto. Il veut en posséder la houle, en dominer le flux. Et en ciblant l’USDC – l’un des stablecoins les plus utilisés dans la finance décentralisée comme dans les paiements interbancaires – le mastodonte new-yorkais ne se contente plus d’être un acteur : il veut devenir l’architecte.








































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