L’Union européenne frappe un grand coup contre les géants de la tech. Apple et Meta sont les premières cibles du nouveau règlement sur les marchés numériques (DMA), avec des amendes record pour pratiques anticoncurrentielles et violations des règles de consentement. Un signal fort envoyé aux autres acteurs du numérique.
C’est une page qui se tourne dans l’histoire de la régulation numérique en Europe. Bruxelles a officiellement infligé une amende colossale de 700 millions d’euros à deux des plus puissantes entreprises technologiques américaines : Apple et Meta (maison-mère de Facebook et Instagram). Cette décision marque la première application musclée du Digital Markets Act (DMA), entré en vigueur pour restaurer l’équilibre sur les marchés numériques dominés par les Big Tech.
Apple écope de 500 millions d’euros pour avoir restreint la liberté des développeurs d’informer leurs utilisateurs sur des offres disponibles en dehors de son App Store, jugées souvent plus avantageuses. Cette stratégie, considérée comme une entrave directe à la concurrence, a été dénoncée par la Commission européenne comme une atteinte au droit des consommateurs à une information libre et transparente.
Meta, de son côté, est sanctionné à hauteur de 200 millions d’euros pour avoir mis en place un modèle « accepter ou payer », contraignant les utilisateurs de ses plateformes à payer s’ils refusaient la collecte de données personnelles. Selon Bruxelles, ce mécanisme viole les règles de consentement éclairé imposées par le DMA. L’UE exige désormais des preuves tangibles d’amélioration du système depuis sa refonte en novembre dernier.
Les deux géants ne comptent pas se laisser faire. Apple dénonce une mesure « discriminatoire » ciblant les entreprises américaines, tandis que Meta accuse l’Union européenne de favoritisme en direction des groupes européens et chinois. Tous deux ont annoncé leur intention de faire appel, mais cela ne suspend pas les obligations immédiates.
Teresa Ribera, nouvelle commissaire européenne à la Concurrence, a déclaré sans détour : « Apple et Meta ont manqué à leurs obligations. Toutes les entreprises opérant sur notre sol doivent respecter nos lois et les valeurs européennes. »
Ce coup de semonce s’inscrit dans une stratégie plus large : Bruxelles veut faire de l’Europe un espace numérique souverain, transparent et respectueux des droits fondamentaux. Google est déjà dans le collimateur pour des pratiques jugées abusives via Google Search et Google Play. En cas de récidive, l’amende pourrait atteindre 20 % du chiffre d’affaires mondial.
Les géants du numérique ont désormais 60 jours pour se mettre en conformité, faute de quoi ils s’exposent à des astreintes financières quotidiennes. En imposant cette nouvelle culture de conformité, l’Union européenne entend redéfinir les règles du jeu digital.
Avec ces premières sanctions exemplaires, l’Europe envoie un message clair : la souveraineté numérique ne se négocie pas, et les intérêts des utilisateurs priment désormais sur les profits des plateformes.








































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