Le parti autrefois porteur d’espoir, Pitit Dessalines, s’effondre dans une vague de démissions, trahissant les idéaux de transparence, de justice sociale et de souveraineté populaire qui l’avaient fait naître.
Le 13 juillet 2025, un nouveau coup dur a été porté à Pitit Dessalines : la coordination départementale des Gonaïves a annoncé son départ collectif, quelques jours seulement après celui de Saint-Marc. Cette débandade progressive confirme un malaise profond et structurel au sein de cette formation politique jadis perçue comme une alternative crédible dans le paysage politique haïtien.
Le leader du parti, Jean Charles Moïse, est aujourd’hui au cœur des critiques. Des voix de plus en plus nombreuses l’accusent d’avoir transformé un mouvement populaire en outil personnel. Une gestion opaque des ressources, une communication interne quasi inexistante, des décisions centralisées sans consultation de la base militante : les griefs se multiplient. Loin de la vision nationaliste et anti-impérialiste des débuts, le parti est aujourd’hui perçu par beaucoup comme un simulacre de démocratie, vidé de son essence.
Les anciens militants, pour la plupart des cadres engagés depuis les premiers jours, évoquent une trahison morale. « Pitit Dessalines n’est plus le parti du peuple », confie un ancien responsable de la région de l’Artibonite. « C’est devenu un cercle fermé, dominé par l’ego et les calculs personnels. »
Sur les réseaux sociaux comme dans les réunions de quartier, le constat est le même : le parti est en perte totale de crédibilité. La base se désagrège, les comités se dissolvent, les slogans résonnent dans le vide. Ce qui reste de Pitit Dessalines ressemble davantage à une coquille vide qu’à un mouvement de transformation sociale.
La chute du parti témoigne aussi de la fatigue politique d’une population lasse des promesses non tenues. En Haïti, l’espoir est un capital fragile. Et lorsque la confiance est trahie, les conséquences sont irréversibles.
Jean Charles Moïse n’a pas encore réagi officiellement à ces démissions en cascade. Mais pour beaucoup, son silence en dit long : le navire coule, et le capitaine semble incapable – ou indifférent – à la tempête.
Un effondrement progressif, certes, mais implacable. Pitit Dessalines, qui se voulait l’héritier du héros de l’indépendance, vit aujourd’hui un crépuscule politique amer, observé avec tristesse par ceux qui avaient un jour cru en sa mission.








































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