Donald Trump et son projet de fonds souverain : une vision séduisante mais irréaliste pour l'économie américaine
Par GUERCY RICHARD    07 Septembre 2024   
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Lors de son discours à l’Economic Club de New York, Donald Trump a proposé la création d’un fonds souverain américain avoisinant les 2 000 milliards de dollars. Toutefois, cette idée ambitieuse soulève de nombreuses questions sur la viabilité économique des États-Unis, notamment dans un contexte de déficit budgétaire croissant et d’endettement national.
Donald Trump n’est pas étranger aux idées audacieuses. Lors de son discours du 6 septembre au Economic Club de New York, le candidat à la présidentielle a proposé la création du « plus grand fonds souverain du monde », visant une valorisation de près de 2 000 milliards de dollars. Inspiré par des exemples internationaux comme la Norvège, Trump rêve d’un mécanisme qui transformerait les excédents économiques en un trésor de guerre pour les générations futures. Mais au-delà de l’ambition, la faisabilité économique de ce projet est hautement discutable.
Les fonds souverains : un outil efficace pour certains pays
Les fonds souverains, à l’instar de celui de la Norvège, sont des dispositifs économiques permettant à un État de convertir ses excédents budgétaires en investissements à long terme. Ces fonds sont souvent alimentés par les revenus d’exportation provenant de ressources naturelles, comme le pétrole ou le gaz. En Norvège, par exemple, le fonds souverain, surnommé le "fonds pétrolier", gère aujourd'hui près de 1 700 milliards de dollars. Il repose sur une politique budgétaire rigoureuse et sur des excédents provenant des ventes d’hydrocarbures, qui représentent 16 % du PIB du pays.
Cependant, les États-Unis, bien que premier producteur mondial de pétrole, ne sont pas en situation d’accumuler de tels excédents. L’économie américaine souffre d’un déséquilibre chronique entre ses dépenses et ses recettes, ce qui rend l'idée d'un fonds souverain complexe à mettre en œuvre.
Le poids du déficit budgétaire américain
Les États-Unis font face à un déficit budgétaire croissant, qui a atteint près de 1 700 milliards de dollars en 2023, soit 6 % du PIB. La dette publique s’élève à environ 36 000 milliards de dollars, représentant plus de 120 % du PIB. Contrairement à la Norvège, qui tire profit de son excédent budgétaire et de ses ressources naturelles, les États-Unis accumulent des déficits, et leur dette ne cesse de croître. Cela signifie que toute tentative de créer un fonds souverain nécessiterait des excédents budgétaires que le pays n’a pas.
Donald Trump a exprimé sa volonté de réduire les dépenses publiques et de renégocier les accords commerciaux, tout en augmentant les droits de douane et en adoptant les idées d’Elon Musk sur la réduction des dépenses superflues. Pourtant, il prévoit également de réduire les impôts, une mesure qui pourrait aggraver la situation budgétaire. En effet, selon les estimations de la Wharton School of Business, les propositions fiscales de Trump pourraient ajouter jusqu’à 4 000 milliards de dollars supplémentaires au déficit d’ici 2030.
Un fonds souverain américain : une utopie financière ?
Créer un fonds souverain repose sur la capacité d’un pays à accumuler des excédents budgétaires ou à capter des flux financiers issus de la vente de ressources naturelles ou de bénéfices exceptionnels. Dans le cas des États-Unis, la question de l’origine des fonds se pose. Alors que le pays continue d’afficher un déficit budgétaire structurel, il est difficile d’imaginer comment il pourrait générer un excédent suffisant pour alimenter un fonds souverain.
De plus, si le pays s’endettait davantage pour financer un tel projet, cela pourrait aggraver les tensions économiques. Une dette publique déjà élevée est un facteur de risque pour l’inflation et pourrait également faire grimper les taux d’emprunt, compliquant davantage la situation financière des États-Unis. Un tel scénario ne ferait que pénaliser l’économie américaine à long terme.
L’impact sur l’économie mondiale et les investisseurs internationaux
La création d’un fonds souverain américain pourrait, dans un scénario idéal, offrir des opportunités pour les investisseurs internationaux en leur offrant une plateforme de diversification des investissements via les actifs du fonds. Cependant, le poids des difficultés budgétaires pourrait effrayer les marchés et créer un climat d’incertitude sur les rendements à long terme de ce fonds.
En outre, les implications pour l’économie mondiale seraient vastes. Les États-Unis, étant un acteur majeur du système financier mondial, pourraient perturber les équilibres économiques globaux en augmentant leur dette ou en appliquant de nouvelles politiques commerciales protectionnistes pour financer un fonds souverain.
Conclusion : une idée séduisante mais déconnectée de la réalité économique
Le projet de fonds souverain américain proposé par Donald Trump a certes de quoi séduire par sa promesse de transformer les excédents futurs en richesses pour les générations à venir. Toutefois, la réalité économique des États-Unis – marquée par un déficit budgétaire chronique et une dette colossale – rend cette idée peu réaliste à court terme.
L’économie américaine, contrairement à celle de pays comme la Norvège, manque d’excédents financiers durables pour nourrir un tel fonds. Dans un contexte d’endettement croissant et de déséquilibre budgétaire, il est difficile d’imaginer comment un fonds souverain pourrait devenir une solution viable sans des réformes budgétaires drastiques.
Si l’idée d’un fonds souverain américain peut paraître séduisante sur le papier, elle reste, dans sa forme actuelle, une utopie financière qui soulève plus de questions qu’elle n’apporte de réponses pour l’avenir de l’économie américaine.
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GUERCY RICHARD
Web-Journaliste, Data Analyste, Spécialiste en Gestion de PROJET, entrepreneur social & Coach en développement d'entreprises
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