Après un passage éclair à la tête du Département de l’Efficacité Gouvernementale (DOGE), Elon Musk claque la porte et retourne à ses empires industriels. Le business reprend ses droits, la politique s’efface.
C’était un coup de théâtre à la sauce Musk. En janvier dernier, nommé à la tête du DOGE – le très controversé Département de l’Efficacité Gouvernementale créé par Donald Trump – Elon Musk promettait de “réinventer l’État fédéral comme une entreprise technologique”. Quatre mois plus tard, le milliardaire quitte précipitamment son poste, juste avant la date butoir du 28 mai, qui l’aurait contraint à dévoiler publiquement ses finances personnelles au Congrès.
Entre le fantasme d’un État lean et la réalité d’un appareil bureaucratique complexe, le bilan de Musk est à double tranchant. Oui, le DOGE a dynamité des pans entiers du secteur public : plusieurs agences supprimées, plus de 80 000 postes rayés, des coupes franches dans les subventions à la transition écologique, à la culture et aux programmes sociaux. Mais à quel prix ? Dans l’opinion, la popularité de Musk s’est érodée, éclaboussée par une politique jugée brutale, technocratique, voire inhumaine.
Alors que Tesla fait face à une chute de 13 % de ses ventes au premier trimestre 2025 – son plus mauvais résultat depuis 2022 –, le “Techno-Roi” a jugé bon de regagner ses tranchées industrielles. « Je dors à nouveau dans les salles serveurs », a-t-il confié après une série de bugs critiques sur X, son réseau social en perte de vitesse. Dans les coulisses, on murmure qu’Elon Musk prépare un reboot stratégique autour de xAI et du programme Starship de SpaceX, avec la conquête de Mars en ligne de mire… bien loin des couloirs gris de Washington.
Ce départ précipité signe aussi un retrait plus large de la scène politique. L’idylle avec Trump – symbolisée par un soutien financier colossal de 290 millions de dollars injectés dans la campagne républicaine de 2024 – s’est refroidie. Certes, Musk figurait encore aux côtés du président pour la réception officielle du sud-africain Cyril Ramaphosa, mais l’enthousiasme n’y était plus.
Le DOGE, censé générer 2 000 milliards de dollars d’économies sur dix ans, n’aura pas rempli ses promesses. Mais pour Trump, l’essentiel était ailleurs : incarner la rupture, faire entrer les logiques de la Silicon Valley dans la gestion publique, installer l’idée qu’on peut “manager” un État comme on gère un start-up studio.
Musk, lui, retourne à ses fondamentaux. L’innovation, les marchés, la course spatiale, et cette obsession pour l’intelligence artificielle générative. En bon stratège, il a compris que l’ADN d’un entrepreneur visionnaire ne s’accorde pas toujours avec les rouages politiques. Le DOGE ne sera peut-être qu’une parenthèse dans sa biographie… mais une parenthèse hautement symbolique de notre époque, où la frontière entre gouvernance publique et business privé s’efface de plus en plus.








































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