« Si lanmou se yon vis, mwen prale renmen pi plis » : avec ces mots simples et vertigineux, Emeline Michel transforme la chanson en acte philosophique, et la musique en espace de foi humaine.
La dernière création de Emeline Michel s’impose comme une offrande rare dans le paysage musical haïtien. Une œuvre où la poésie n’est pas ornement, mais fondement ; où l’amour n’est pas sentiment passager, mais principe de vérité. Dès les premières paroles, la voix de l’artiste s’élève avec cette gravité douce qui lui est propre, rappelant que la musique peut encore être un lieu de sens, de transmission et de lumière.
« M ap plante konfyans, m ap pran lòt chans » : ici, aimer devient un acte volontaire, presque politique au sens noble du terme. Emeline Michel ne chante pas l’amour comme une échappatoire, mais comme une discipline intérieure, un choix répété face à la fragilité du monde. Elle sème la confiance comme on sème pour demain, consciente que toute espérance véritable exige patience, courage et fidélité à soi.
Dans cette chanson, la spiritualité ne se réfugie pas dans les dogmes. « Relijyon-m, verite-m se lanmou » résonne comme une profession de foi universelle. L’artiste affirme que la vérité la plus durable n’est ni idéologique ni institutionnelle, mais profondément humaine. L’amour devient alors langage commun, pont entre les âmes, mémoire vivante capable de traverser le temps.
Ce morceau, premier éclat du nouvel album de Jonhbern Thomas, porte aussi la marque d’une création collective habitée. On y sent la complicité artistique, le respect mutuel et l’engagement sincère de talents tels que Darlin Johancy, dont les sensibilités s’entrelacent pour donner naissance à une œuvre dense, sincère et profondément enracinée.
Emeline Michel continue ainsi de nourrir le patrimoine culturel haïtien avec une musique qui ne cherche pas l’instant, mais la durée. Une musique qui relie, qui marie les essences, qui parle au cœur sans jamais renoncer à l’intelligence de l’âme. Dans un monde souvent pressé d’oublier, cette chanson rappelle que l’amour, lorsqu’il est assumé comme vérité, devient une forme d’immortalité.








































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