Le président turc Recep Tayyip Erdogan renforce son discours contre Israël en désignant le Premier ministre Benjamin Netanyahou comme principal facteur de déstabilisation régionale, exacerbant les tensions diplomatiques au Moyen-Orient.



La crise au Proche-Orient continue de polariser les grandes puissances régionales. Ce mardi, le président turc Recep Tayyip Erdogan a de nouveau dénoncé avec fermeté le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou, qu’il a qualifié de « plus grande menace à la sécurité » dans la région. Cette déclaration, faite lors d’un entretien téléphonique avec l’émir du Qatar, Tamim ben Hamad Al Thani, marque un tournant supplémentaire dans l’escalade verbale entre Ankara et Tel-Aviv.

Selon un communiqué officiel de la présidence turque, Erdogan a exprimé son inquiétude croissante face à la spirale de violences déclenchée par la guerre en cours à Gaza. Il a réaffirmé la volonté de la Turquie de jouer un rôle actif pour mettre fin aux hostilités, tout en critiquant sévèrement les opérations militaires israéliennes qu’il considère comme « excessives » et « dangereuses pour la stabilité régionale ».

Cette nouvelle sortie du président turc s’inscrit dans une stratégie de positionnement diplomatique audacieuse, où la Turquie cherche à affirmer sa place de puissance musulmane protectrice des droits palestiniens. Erdogan multiplie depuis plusieurs mois les déclarations virulentes contre le gouvernement israélien, tout en renforçant ses liens avec les pays du Golfe comme le Qatar, qui partage des vues similaires sur le conflit.

Mais cette posture suscite des interrogations. Si Ankara se présente comme un potentiel médiateur dans le conflit israélo-palestinien, la virulence du discours d’Erdogan pourrait compromettre sa crédibilité auprès des acteurs occidentaux et israéliens, qui voient dans cette rhétorique un obstacle à une désescalade constructive.

La diplomatie turque mise sur une approche de rupture, rompant avec les équilibres prudents de l’ère post-Oslo, et capitalise sur l’indignation du monde musulman face aux pertes civiles à Gaza. Le président turc, souvent perçu comme volontiers provocateur sur la scène internationale, utilise aussi cette crise pour renforcer sa stature intérieure, mobilisant l’opinion publique turque autour de la cause palestinienne, qui reste un thème fédérateur.

Alors que les tensions entre Israël et ses voisins atteignent un niveau critique, la sortie d’Erdogan confirme les fractures géopolitiques profondes qui traversent le Moyen-Orient, où la guerre à Gaza reconfigure les alliances, les ambitions régionales et les lignes de faille entre puissances sunnites, chiites et occidentales.

La question demeure entière : la Turquie peut-elle encore prétendre au rôle de médiateur impartial tout en adoptant une posture ouvertement hostile envers l’un des protagonistes du conflit ?