Ankara annonce une nouvelle découverte majeure de gaz naturel évaluée à 30 milliards $, renforçant sa stratégie d’autonomie énergétique et sa position géopolitique sur l’échiquier énergétique mondial.



La Turquie vient de franchir une étape décisive dans sa course à l’indépendance énergétique. Le président Recep Tayyip Erdogan a révélé la découverte d’un nouveau gisement de gaz naturel d’une valeur estimée à 30 milliards de dollars dans le puits Göktepe-3, en mer Noire. Foré par le navire de forage ultra-moderne Abdulhamid Han, ce gisement représenterait 75 milliards de mètres cubes, un volume capable de couvrir les besoins domestiques du pays pendant 35 ans ou encore les besoins industriels pendant près de deux décennies.

Cette annonce, au-delà de son aspect économique, porte un message clair : la Turquie accélère sa quête d’autonomie énergétique, dans un contexte international où la sécurité des ressources devient un levier de souveraineté. Avec une facture énergétique qui a atteint 41 milliards de dollars en 2022, le pays ambitionne de transformer ses découvertes maritimes en atouts stratégiques.

La société publique TPAO (Türkiye Petrolleri Anonim Ortaklığı), maître d’œuvre du projet, prévoit de porter la production quotidienne à 40 millions de mètres cubes dans les trois prochaines années, soit environ 30 % de la consommation nationale annuelle. Cette montée en puissance viendra compléter les réserves actuelles de la mer Noire, déjà estimées à plus de 710 milliards de mètres cubes, selon les dernières données officielles.

Actuellement, la Turquie ne couvre que 7 à 8 % de sa consommation de gaz avec ses propres ressources, ce qui explique son activisme sur la scène internationale. Ankara a récemment signé deux accords majeurs de GNL (gaz naturel liquéfié) avec des pays producteurs stratégiques, confirmant sa volonté de devenir un hub énergétique régional entre l’Europe, l’Asie centrale et le Moyen-Orient.

Mais cette découverte va au-delà des chiffres. Elle renforce la position géostratégique de la Turquie dans une région traversée par des tensions énergétiques et des redéfinitions d’alliances. À l’heure où l’Europe cherche à diversifier ses sources d’approvisionnement, cette avancée turque pourrait devenir un atout diplomatique et commercial de taille.

« Nous poursuivrons notre chemin sans relâche, jusqu’à atteindre une Turquie indépendante sur le plan énergétique », a affirmé avec force le président Erdogan, lors d’une allocution à Ankara.

Le message est limpide : l’énergie est désormais au cœur de la stratégie de puissance de la Turquie. Et avec des investissements technologiques ambitieux, des infrastructures modernisées et une mer Noire riche en ressources, Ankara entend bien jouer un rôle majeur dans la transition énergétique régionale, voire mondiale.