Un basculement institutionnel majeur se dessine en Haïti, où Didier Alix Fils-Aimé se verrait confier la direction complète de l’État jusqu’à l’élection d’un président démocratiquement élu, selon des informations attribuées à des décisions soutenues par les États-Unis, l’Union européenne et la CARICOM, actant de fait la fin du Conseil présidentiel de transition (CPT) à neuf membres, qualifié par de nombreux observateurs d’échec politique et économique.



Présentée comme une solution de dernier recours face à l’impasse institutionnelle, la perspective d’un pouvoir concentré entre les mains d’un seul homme suscite une onde de choc dans la classe politique haïtienne et au sein de la société civile. Les informations évoquent une configuration inédite dans laquelle Didier Alix Fils-Aimé cumulerait les fonctions de président et de Premier ministre à compter du 7 février 2026, date hautement symbolique dans l’histoire constitutionnelle d’Haïti. Cette option, portée selon les sources par la « volonté de l’international » - États-Unis, Union européenne et CARICOM- viserait à assurer une gouvernance unifiée et à préparer un retour à l’ordre constitutionnel par des élections crédibles.

Le départ du Conseil présidentiel de transition, conçu comme un organe collégial de neuf membres, marque l’aveu d’une expérimentation institutionnelle avortée. Miné par les divisions internes, l’absence de résultats tangibles en matière de sécurité, d’économie et d’organisation électorale, le CTP est aujourd’hui largement perçu comme un facteur d’instabilité supplémentaire. Pour ses détracteurs, cette transition a aggravé la crise politique, accentué la paralysie de l’État et nourri la défiance populaire.

Sur le plan politique, l’éventuelle investiture de Didier Alix Fils-Aimé concentre les débats. Ses partisans y voient une autorité capable de trancher, d’imposer une feuille de route claire et de dialoguer efficacement avec les partenaires internationaux. Ses opposants dénoncent, eux, un risque de dérive autoritaire, une personnalisation excessive du pouvoir et une mise entre parenthèses des mécanismes de contre-pouvoirs dans un pays déjà fragilisé par l’insécurité et la crise de légitimité.

Au-delà des frontières, cette évolution est suivie de près par les acteurs de l’immigration et de la diplomatie régionale. La stabilité politique d’Haïti, condition essentielle à la réduction des flux migratoires irréguliers et à la reprise économique, demeure un enjeu central pour les États-Unis, l’Union européenne et les États de la CARICOM. Le pari d’un leadership fort, même transitoire, est présenté comme un mal nécessaire pour sortir de l’impasse.

Reste une question centrale : cette concentration des pouvoirs permettra-t-elle réellement de conduire le pays vers des élections démocratiques, libres et inclusives, ou ouvrira-t-elle un nouveau chapitre d’incertitudes ? En Haïti, où chaque transition laisse des traces profondes, l’histoire jugera si ce « flash politique » marque le début d’un redressement institutionnel ou le symptôme d’une crise plus profonde encore.