Les prix flambent, les revenus stagnent, et l’insécurité sociale s’intensifie. En avril 2025, l'inflation annuelle en Haïti atteint 26,8 %. Un nouveau pic alarmant dévoilé par l’IHSI, avec des hausses explosives sur les biens essentiels. Dans un pays ravagé par l’instabilité, les plus pauvres paient une fois de plus le prix fort.
Les dernières données de l'Institut Haïtien de Statistique et d'Informatique (IHSI) confirment un fait devenu tristement banal : les prix à la consommation continuent de grimper sans relâche en Haïti. Pour le mois d’avril 2025, l’indice général des prix s’établit à 504,7, soit une hausse de 26,8 % sur un an. Une réalité brutale qui pèse particulièrement sur les familles les plus modestes, prises au piège entre un pouvoir d’achat en chute libre et un environnement socio-politique de plus en plus chaotique.
Les chiffres ne mentent pas. La division “Communication” explose avec une inflation record de 40,9 %, un fardeau immense pour une population qui dépend de plus en plus des moyens numériques pour travailler, apprendre ou simplement rester informée. À l’heure où l’accès à l’information devient vital pour survivre à l’instabilité, il devient paradoxalement un luxe inaccessible.
Les produits de base ne sont pas en reste. Les produits alimentaires et boissons non alcoolisées, essentiels à la survie quotidienne, enregistrent une hausse de 29,7 % sur un an. Cette situation accentue l’insécurité alimentaire chronique qui touche déjà plus de la moitié de la population haïtienne. Les mères célibataires, les personnes âgées sans retraite et les familles vivant avec moins de deux dollars par jour sont en première ligne de cette hémorragie économique.
La situation est aggravée par le contexte socio-politique explosif. Le pays, paralysé par l’absence d’un gouvernement stable, une insécurité galopante et la montée en puissance des gangs armés, n’offre aucun filet de sécurité aux citoyens les plus vulnérables. Les subventions étatiques sont quasi inexistantes, tandis que les ONG peinent à accéder aux zones rouges pour distribuer l’aide humanitaire.
Derrière ces statistiques, ce sont des vies qui s’effritent. Les jeunes quittent l’école faute de moyens pour payer le transport ou les fournitures scolaires, dont les prix ont également bondi (loisirs : +27,4 %, enseignement : +7,2 %). Les ménages réduisent leurs repas, renoncent aux soins médicaux et sombrent dans un endettement silencieux mais ravageur.
Pendant ce temps, la classe politique demeure sourde et invisible, préoccupée par des querelles de pouvoir plutôt que par le sort d’un peuple à bout de souffle. Aucune réforme fiscale ou stratégie de lutte contre l’inflation n’est à l’agenda. Le vide institutionnel rend toute politique monétaire ou budgétaire efficace impossible.
L’inflation actuelle n’est pas seulement une statistique, c’est une violence économique quotidienne. Elle creuse davantage le gouffre entre les élites économiques et le reste de la population. Elle transforme l’accès à la nourriture, à l’éducation, à l’énergie et à la santé en privilèges et non en droits fondamentaux.
À moins d’un sursaut politique et économique majeur, Haïti risque de s’enfoncer dans une spirale inflationniste durable, où chaque hausse de prix devient une balle de plus tirée contre l’espérance collective. Et dans ce combat invisible mais réel, ce sont toujours les plus vulnérables qui tombent les premiers.









































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