Avec une croissance sans précédent des actifs, Hong Kong se positionne pour détrôner la Suisse en tant que premier centre mondial de gestion de patrimoine d’ici 2030. Portée par les investissements chinois et une infrastructure financière stratégique, la ville asiatique pourrait atteindre 2 300 milliards de dollars en actifs gérés, redéfinissant les dynamiques du secteur.



La route vers le sommet du secteur mondial de la gestion de patrimoine s’ouvre pour Hong Kong, et les prévisions indiquent qu’elle pourrait bien dépasser la Suisse d'ici 2030. Un récent rapport de Bloomberg estime que les actifs de gestion privée à Hong Kong pourraient atteindre 2 300 milliards de dollars dans les six prochaines années, marquant ainsi une ascension inédite pour la place financière asiatique. Cette croissance met en lumière le rôle croissant des investissements asiatiques, notamment chinois, et la résilience de l’infrastructure financière de Hong Kong.

La demande des investisseurs chinois pour des produits offshore hautement rémunérateurs joue un rôle central dans cette montée en puissance. Face aux incertitudes économiques et aux restrictions de placement en Chine continentale, de plus en plus d’investisseurs cherchent à diversifier leurs portefeuilles dans des actifs internationaux. En réponse, Hong Kong, avec son accès aux marchés offshore et des taux d'intérêt plus attractifs que ceux de la Chine continentale, devient la destination de choix pour le placement des capitaux.

Cette dynamique a permis à Hong Kong d'atteindre une augmentation annuelle moyenne de 16 % de ses actifs de gestion de patrimoine. Les acteurs de la gestion de fortune, comme HSBC et Standard Chartered, anticipent déjà des opportunités de marché accrues, notamment après les changements dans le secteur bancaire mondial et la fusion d’UBS et Credit Suisse, qui a secoué le monde de la banque privée.

Une infrastructure solide et un avantage géographique
L’infrastructure financière sophistiquée de Hong Kong confère à la région une position avantageuse pour attirer les capitaux non seulement de la Chine continentale, mais aussi de l'ensemble de l'Asie. En tant que porte d’entrée vers les marchés internationaux pour les investisseurs chinois et asiatiques, Hong Kong offre un éventail d’options pour les placements sophistiqués : fonds diversifiés, produits dérivés, ou encore actions étrangères. Cette diversité dans l’offre permet à la ville de répondre aux exigences complexes des ultra-riches, dont les fortunes sont en expansion rapide dans toute l’Asie.

Outre les banques locales, les family offices, ou bureaux de gestion de patrimoine pour familles fortunées, devraient également voir leurs actifs doubler pour atteindre 387 milliards de dollars d'ici 2030, selon le même rapport. La plupart de ces investissements proviennent de familles ultra-riches chinoises et asiatiques, qui cherchent à sécuriser leurs avoirs tout en capitalisant sur les rendements globaux.

Historiquement, la Suisse a dominé le secteur de la gestion de patrimoine transfrontalier grâce à son système bancaire discret et ses solides traditions financières. Cependant, la montée de Hong Kong, associée à une demande croissante d'options offshore en Asie, pousse les grandes institutions suisses à reconsidérer leurs stratégies. La capacité de Hong Kong à attirer les capitaux asiatiques pourrait lui permettre de surpasser la Suisse, surtout dans un contexte où les restrictions bancaires se resserrent en Europe.

Pour les investisseurs, cela signifie une concurrence accrue et donc des opportunités d’investissement plus larges et mieux structurées. Hong Kong semble bien parti pour capitaliser sur les aspirations internationales de la nouvelle élite asiatique tout en renforçant son réseau avec les marchés globaux, principalement grâce à ses liens économiques et politiques avec la Chine.

En alliant une position géographique stratégique, un accès fluide aux capitaux asiatiques, et une infrastructure de pointe, Hong Kong se prépare à s’affirmer comme le futur centre mondial de gestion de patrimoine. Ce statut, s’il est atteint, ne serait pas seulement un accomplissement pour la ville, mais également une transformation de la carte de la finance mondiale. Pour les acteurs de la gestion de fortune, cette transition représente des opportunités inégalées, tant pour capter de nouveaux clients fortunés que pour diversifier les actifs à l’échelle internationale.

En 2030, Hong Kong pourrait bien être le nom incontournable pour la gestion de patrimoine de luxe. Avec des actifs prévus à plus de 2 300 milliards de dollars, la région n’a jamais été aussi proche de détrôner les poids lourds européens. Pour les gestionnaires de patrimoine, les investisseurs asiatiques et les banques internationales, Hong Kong incarne aujourd’hui une promesse d’innovation et de prospérité qui redéfinit les règles du jeu de la finance mondiale.