À 69 ans, Jamie Dimon prolonge une fois de plus son règne à la tête de JPMorgan Chase, laissant planer le mystère sur sa succession tout en continuant d’avertir des secousses à venir sur les marchés obligataires.



Le monde de la finance le surnomme le dernier des géants de Wall Street. Jamie Dimon, PDG emblématique de JPMorgan Chase, a annoncé qu’il ne raccrochera pas tout de suite les gants. Sa retraite ? « Dans plusieurs années encore », a-t-il affirmé, sourire aux lèvres, lors d’une interview accordée à Fox Business. Avec sa verve habituelle, le dirigeant a précisé que sa décision dépendait de deux forces : « Dieu et le conseil d’administration ».

Cette déclaration ravive le flou persistant autour de la succession à la tête de la première banque américaine, un sujet stratégique surveillé de près par les marchés, les investisseurs et les régulateurs. Depuis des années, aucune figure ne s’impose clairement comme dauphin. Pourtant, en interne, plusieurs cadres de haut rang sont en lice, mais Dimon reste indétrônable, charismatique, et profondément ancré dans la culture JPMorgan.

Rien d’étonnant, peut-être, à ce que la banque ait versé 39 millions de dollars à son PDG pour l’exercice 2024, dans une année record où JPMorgan a pulvérisé son propre niveau de profit historique, consolidant sa position de leader dans la banque de détail, les marchés de capitaux et la gestion d’actifs.

Mais Jamie Dimon ne se contente pas de dominer les tableaux financiers. Il continue aussi d’agiter les consciences économiques avec ses prédictions sur une crise obligataire américaine « inévitable ». Ce vétéran du système bancaire critique régulièrement la trajectoire budgétaire des États-Unis, pointant du doigt une dette publique explosive et un marché obligataire devenu trop fragile pour encaisser un choc sans intervention de la Fed.

« Je ne sais pas si ce sera dans six mois ou six ans… mais ça va arriver », martèle-t-il. Ce n’est pas la première fois que Dimon, en fin stratège, agit comme lanceur d’alerte sur les vulnérabilités systémiques tout en rappelant que sa banque, elle, saura encaisser la tempête.

À l’heure où les géants du numérique, les banques centrales et les fintechs redessinent les contours du capitalisme financier, la longévité de Jamie Dimon s’apparente à un ancrage rassurant — ou à un verrou générationnel, selon les points de vue. Qu’on l’admire ou qu’on le conteste, une chose est sûre : son départ marquera un tournant historique.

En attendant, le PDG continue de diriger JPMorgan d’une main de maître, conjuguant prudence institutionnelle, flair stratégique et convictions fortes sur l’avenir des marchés mondiaux. Pour le moment, Wall Street retient son souffle… et garde son titan.