L’Argentine confirme officiellement son retrait de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS). Le président Javier Milei, dans une rupture idéologique marquée avec le multilatéralisme, critique une organisation « soumise à des intérêts politiques » et dont les recommandations ne seraient « pas fondées sur la science ».
Buenos Aires, 27 mai 2025 –
Dans une décision aux conséquences sanitaires et diplomatiques majeures, l’Argentine a confirmé son retrait de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), concrétisant une annonce faite dès février par le président Javier Milei. Ce choix, inédit depuis la tentative avortée des États-Unis sous Donald Trump, marque un tournant radical dans la politique étrangère argentine.
« Les recettes de l’OMS ne fonctionnent pas », a déclaré le ministère de la Santé argentin dans un communiqué, ajoutant qu’elles « ne sont pas fondées sur la science, mais sur des intérêts politiques et des structures bureaucratiques incapables de reconnaître leurs erreurs ». Le gouvernement Milei accuse l’OMS d’inefficacité pendant la gestion de la pandémie de Covid-19 et de maintenir une influence jugée néfaste sur les politiques sanitaires nationales.
Cette rupture s’inscrit dans la ligne idéologique libérale-libertarienne de Javier Milei, souvent comparé à Donald Trump pour son style provocateur et son rejet des organisations internationales. En 2020, Trump avait brièvement engagé le retrait des États-Unis de l’OMS, avant que Joe Biden ne revienne sur cette décision en 2021.
Pour Milei, ce retrait est une affirmation de la souveraineté sanitaire de l’Argentine. Son gouvernement entend désormais établir ses propres recommandations de santé publique, en s’appuyant sur ce qu’il qualifie de « science libre » et de « données non biaisées par le politiquement correct mondial ».
De nombreux professionnels de la santé et chercheurs argentins ont exprimé leur inquiétude face à cette décision. Couper les liens avec l’OMS pourrait priver le pays d’un accès prioritaire à des programmes de vaccination, à des alertes épidémiologiques, et à des réseaux de coopération internationale en matière de santé publique.
Le docteur Luis Álvarez, épidémiologiste à l’Université de Buenos Aires, a déclaré :
> « L’OMS est loin d’être parfaite, mais elle reste un pilier dans la coordination des réponses sanitaires mondiales. Se retirer, c’est s’isoler au moment où les menaces sanitaires sont plus globales que jamais. »
Ce retrait pourrait avoir des répercussions diplomatiques importantes, notamment sur les relations entre l’Argentine et ses partenaires du G20, ainsi qu’avec les agences de l’ONU. Il renforce l’image d’un gouvernement prêt à rompre avec les institutions multilatérales pour suivre une logique de recentrage national et de rupture néolibérale.
Dans un contexte de montée des tensions idéologiques entre nations favorables à une gouvernance mondiale et celles prônant le repli souverainiste, la décision argentine apparaît comme un symbole fort d’un basculement dans l’ordre sanitaire international.








































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