Dans un contexte de tensions géoéconomiques exacerbées par la stratégie unilatérale de Donald Trump, Ursula von der Leyen affirme que les nations du monde se tournent massivement vers l’Union européenne pour des partenariats stratégiques. Une reconfiguration globale des alliances commerciales est en marche.
La déclaration est fracassante, mais révélatrice d’un glissement tectonique dans les relations économiques internationales. Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, a affirmé que « les pays du monde font la queue pour collaborer avec l’Europe », citant les guerres commerciales initiées par Donald Trump et les bouleversements géopolitiques actuels comme catalyseurs de ce regain d’intérêt pour l’Union européenne.
Alors que Donald Trump intensifie sa rhétorique protectionniste, multipliant les droits de douane et les sanctions économiques, plusieurs puissances émergentes et pays alliés de longue date des États-Unis cherchent à se détacher du spectre de l’imprévisibilité américaine. L’Union européenne, forte de sa stabilité institutionnelle et de ses engagements multilatéraux, apparaît dès lors comme un partenaire commercial fiable, ouvert et stratégiquement neutre dans un monde en recomposition.
Cette évolution s’inscrit dans un changement profond de l’ordre mondial, selon von der Leyen. Des pays d’Afrique, d’Asie, d’Amérique latine mais aussi du Moyen-Orient entament ou renforcent des dialogues économiques avec Bruxelles. Ils y voient une alternative équilibrée à la bipolarisation croissante entre les États-Unis de Trump et une Chine toujours plus assertive.
De l’accord de libre-échange avec le Mercosur à l’élargissement de partenariats technologiques avec l’Inde et l’ASEAN, l’UE multiplie les signaux de sa volonté de construire un nouvel ordre commercial basé sur la coopération, la durabilité et la résilience. L’Europe mise également sur sa politique verte et son agenda numérique pour séduire des partenaires désireux d’investir dans des secteurs d’avenir.
Pour l’Union européenne, cette ruée diplomatique représente une opportunité inédite de repositionnement stratégique, dans un climat mondial où la confiance est devenue une denrée rare. Le contraste avec la stratégie de Donald Trump, fondée sur des alliances transactionnelles et des tensions douanières, ne pourrait être plus saisissant.
Le protectionnisme américain, censé redonner à l’Amérique sa grandeur économique, semble au contraire ouvrir un boulevard à l’Union européenne sur la scène internationale. Ursula von der Leyen le sait : l’Europe n’a jamais été aussi attractive pour les pays tiers. Et c’est dans le sillage des crises initiées par les grandes puissances qu’elle peut désormais façonner une nouvelle centralité économique mondiale.
Les mois à venir diront si ce regain d’intérêt se traduit par des accords concrets, des investissements durables et une redéfinition des pôles d’influence commerciaux globaux. Mais une chose est certaine : le monde regarde l’Europe comme une alternative stratégique… et cela, Donald Trump n’y avait probablement pas pensé.








































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