L'Union européenne continue d’acheter du gaz russe, en contradiction avec ses ambitions d’indépendance énergétique et de sanctions contre Moscou. En 2024, les importations ont bondi de 18 %, révélant une dépendance persistante et une transition énergétique encore inaboutie.



Malgré les sanctions occidentales et la volonté affichée de se libérer de l’influence énergétique russe, l’Union européenne a augmenté ses importations de gaz en provenance de Moscou. Selon les données du think tank Ember, l’achat de gaz naturel liquéfié (GNL) et de gaz par gazoducs a progressé de 18 % par rapport à l’année précédente, mettant en évidence une dépendance encore bien ancrée.

Certains pays comme l’Italie, la Tchéquie et la France ont même renforcé leurs approvisionnements, malgré la hausse des prix du gaz (+60 % cette année) et la stagnation de la demande. Cette situation met en lumière un paradoxe économique et géopolitique : l’Europe dépense des sommes considérables dans de nouvelles infrastructures GNL tout en continuant à acheter du gaz russe, plutôt que d’accélérer ses investissements dans les énergies renouvelables.

L’Union européenne vise officiellement une sortie du gaz russe d’ici 2027, mais cette feuille de route n’a pas de caractère contraignant. En l’absence de mesures coercitives, la réalité du marché semble l’emporter sur les principes. Entre la nécessité d’assurer la sécurité énergétique et la pression économique, la transition vers une indépendance réelle s’annonce plus difficile que prévu. Faut-il renforcer les sanctions pour rompre définitivement avec la Russie ou plutôt redoubler d’efforts pour développer une production locale et durable ? Une chose est sûre : l’Europe joue une partie délicate dont l’issue reste incertaine.