Les États-Unis prennent seuls les rênes des négociations sur l’Ukraine, reléguant l’Europe au second plan. Une mise à l’écart qui soulève des interrogations sur l’avenir de l’influence européenne et la redéfinition des équilibres géopolitiques.



Washington a tranché : les discussions avec Moscou sur un possible règlement du conflit ukrainien se feront sans l’Europe. Keith Kellogg, émissaire spécial américain pour l’Ukraine, a affirmé que la participation des Européens aux négociations « ne se produira pas », actant ainsi un basculement diplomatique majeur. Cette décision repose sur le constat que les accords de Minsk II de 2015, menés sous l’égide de la France et de l’Allemagne, n’ont pas permis d’aboutir à une paix durable.

Cette exclusion des puissances européennes ne se limite pas à une simple mise à l’écart diplomatique. Elle reflète une dynamique plus profonde : la dépendance stratégique de l’Europe vis-à-vis des États-Unis en matière de défense. Face à ce constat, des dirigeants européens appellent à une refonte de l’architecture sécuritaire du continent. Le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, propose même la création d’une armée européenne, une idée déjà évoquée par Emmanuel Macron et qui prend une résonance nouvelle dans ce contexte.

Pour Bruxelles, cette marginalisation est un revers cuisant. Être absent des discussions cruciales sur l’avenir de l’Ukraine affaiblit la position de l’Union européenne sur la scène internationale et renforce le sentiment d’impuissance stratégique. En réaction, l’Élysée a convoqué une réunion informelle des dirigeants européens à Paris, cherchant à définir une réponse coordonnée.

L’Europe peut-elle encore peser sur son propre avenir sécuritaire ? L’exclusion des négociations rappelle brutalement que l’unité et la réactivité seront essentielles pour éviter une relégation durable. Entre affirmation diplomatique et nécessité de renforcer ses capacités de défense, l’Union européenne est à un tournant décisif.