Sous l’effet d’une demande effervescente en Chine et des attaques frontales de Donald Trump contre la Réserve fédérale, le cours de l’or pulvérise des records. Un cocktail explosif entre tensions géopolitiques, instabilité monétaire et quête de valeur refuge.
Le marché mondial de l’or entre dans une nouvelle ère. Ce lundi, les prix de l’or ont atteint un sommet historique en dépassant les 3 400 dollars l’once, galvanisés par une frénésie d’achat venue de Chine et des critiques virulentes de Donald Trump contre la Fed. Une double impulsion qui repositionne l’or au cœur des stratégies d’investissement mondiales.
À Shanghai, la ruée vers le métal jaune semble irrésistible : le cours a franchi pour la huitième fois consécutive le seuil symbolique de 800 yuans le gramme, signe d’un appétit inassouvi des investisseurs chinois pour une valeur refuge face aux incertitudes économiques globales. Les autorités de Pékin, loin de freiner cet engouement, ont délivré davantage de licences d’importation d’or, tout en assouplissant les règles pour permettre aux fonds d’assurance d’accroître leurs positions sur l’or. Résultat : les ETF adossés à l’or ont bondi de 5,8 % en mars, redessinant le paysage de la gestion d’actifs en Chine.
Pendant ce temps, aux États-Unis, Donald Trump relance sa bataille politique contre la Réserve fédérale. Dans une sortie musclée, il a accusé Jerome Powell de ne pas soutenir l’économie américaine, alors que le dollar s’affaiblit et que la guerre commerciale sino-américaine continue de miner la confiance des marchés. « Je ne peux plus attendre pour le remplacer », aurait-il déclaré selon des sources proches du dossier, s’en prenant à la lenteur des baisses de taux et à l’inaction perçue de la Fed. Ces déclarations n’ont pas seulement secoué Washington : elles ont aussi provoqué une ruée vers l’or, perçu comme protection naturelle contre l’instabilité monétaire.
L’impact de cette envolée ne se limite pas à l’Asie ou aux États-Unis. En Inde, les détaillants tentent de stimuler la demande locale par des promotions agressives, alors qu’en Asie du Sud-Est, notamment au Vietnam, les consommateurs font la queue pendant des heures pour acquérir des bijoux en or. Le phénomène semble mondial, nourri par un climat d’incertitude géopolitique et une défiance croissante envers les monnaies fiduciaires.
En parallèle, les marchés boursiers occidentaux affichent une étonnante résilience : l’EuroStoxx 600 progresse de 3,6 % cette semaine, et le S&P 500 gagne 0,5 %, comme si les investisseurs cherchaient à équilibrer leurs portefeuilles entre actions et métaux précieux.
L’or, longtemps cantonné à un rôle de réserve passive, redevient ainsi un acteur majeur de la scène économique mondiale. La combinaison d’une hausse de la demande asiatique, de la volatilité politique américaine et d’un contexte macroéconomique fragile semble propulser le métal jaune vers des sommets inédits. Reste à savoir jusqu’où cette envolée pourra aller… et qui en paiera le prix.








































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