Après plus de 25 ans au conseil d’administration, Françoise Bettencourt Meyers, héritière du géant des cosmétiques, quitte son poste et transmet progressivement les rênes à son fils Jean-Victor Meyers. Une transition stratégique pour la famille la plus influente du groupe.



L’annonce du départ de Françoise Bettencourt Meyers du conseil d’administration de L’Oréal résonne comme un événement majeur dans le monde des affaires. Héritière de l’empire fondé par son grand-père Eugène Schueller, elle était un pilier de la gouvernance du groupe depuis 1997. Sa décision de céder sa vice-présidence à son fils Jean-Victor Meyers symbolise une transition générationnelle au sein de la famille Bettencourt Meyers, premier actionnaire de L’Oréal avec une participation de 35 %.

Cette réorganisation s’accompagne de l’arrivée d’Alexandre Benais, directeur général adjoint de Téthys Invest, qui prendra place au conseil d’administration après approbation des actionnaires en avril. Téthys Invest, la holding familiale présidée par Françoise Bettencourt Meyers, conserve néanmoins une influence stratégique déterminante sur le groupe.

Cette décision intervient alors que L’Oréal publie des résultats trimestriels légèrement en deçà des attentes du marché. Si cette performance en demi-teinte suscite quelques interrogations, la multinationale demeure un leader incontesté du secteur de la beauté, soutenue par un portefeuille de marques prestigieuses et une stratégie d’innovation constante.

À 71 ans, Françoise Bettencourt Meyers ne quitte pas seulement un rôle exécutif, elle laisse derrière elle un héritage marqué par une gestion prudente, un engagement philanthropique conséquent et une influence durable sur le géant français. Son parcours a également été jalonné de controverses familiales, notamment autour de l’affaire Bettencourt qui avait secoué la France et mis en lumière des enjeux de succession complexes.

Sa fortune, estimée à 76,1 milliards de dollars, en fait la deuxième femme la plus riche du monde après Alice Walton (Walmart). Mais au-delà des chiffres, c’est une page qui se tourne pour L’Oréal, qui amorce un nouveau chapitre sous la direction d’une nouvelle génération. Le défi sera de préserver l’ADN du groupe tout en répondant aux transformations profondes du marché de la cosmétique, entre digitalisation, exigences environnementales et montée en puissance des marques indépendantes