Contre toute attente, l’économie chinoise affiche une croissance robuste de 5,2 % au deuxième trimestre 2025, dépassant les prévisions malgré l’impact des tarifs douaniers imposés par Washington. Pékin démontre une résilience stratégique fondée sur la diversification commerciale et un soutien intérieur ciblé.
Alors que les tensions commerciales entre Pékin et Washington semblaient freiner l’élan économique chinois, les derniers chiffres du Bureau national des statistiques de Chine ont pris les marchés de court. Avec une croissance de 5,2 % au T2 2025, supérieure aux prévisions des analystes (5,1 %), la Chine confirme sa capacité d’adaptation dans un environnement mondial incertain.
La clé de cette performance inattendue ? Une réorientation stratégique des exportations. En juin, les ventes vers les pays de l’ASEAN ont bondi de +18 %, permettant d’amortir le choc de la baisse de -16,1 % des exportations vers les États-Unis sur un an. Et malgré cette chute, un rebond spectaculaire de +32 % par rapport au mois de mai a été enregistré, fruit d’une trêve commerciale conclue à Genève début juin.
La production industrielle chinoise a progressé de +6,8 %, reflétant un dynamisme manufacturier alimenté par les marchés émergents et une résilience des chaînes d’approvisionnement internes. En revanche, la consommation intérieure ralentit, avec des ventes au détail en hausse de seulement +4,8 % en juin, contre +6,4 % en mai. Un signal clair que le moteur domestique reste fragile, en dépit des efforts du gouvernement.
Les pressions déflationnistes persistent : l’indice des prix à la production (PPI) affiche une baisse continue de -3,6 %, marquant un inquiétant 33e mois consécutif de déflation industrielle. Du côté des prix à la consommation (CPI), la progression reste marginale à +0,1 %, reflétant la prudence des ménages.
Sur le marché de l’emploi, le taux de chômage urbain est stable à 5 %, mais le chiffre reste préoccupant pour les jeunes de 16 à 24 ans, dont 14,9 % restent sans emploi. Pour pallier cette vulnérabilité, le gouvernement chinois a mis en place une série de mesures ciblées : subventions à l’embauche, formations professionnelles, soutien aux jeunes diplômés, le tout accompagné d’un discours volontariste sur l’innovation et l’entrepreneuriat.
Avec une croissance semestrielle cumulée de 5,3 %, la Chine se positionne comme l’un des pôles les plus dynamiques du G20. Mais les économistes restent prudents. La faiblesse de la demande intérieure, la crise immobilière persistante et le climat commercial instable avec les États-Unis et l’Europe pourraient freiner la dynamique au second semestre.
En attendant, Pékin savoure sa victoire du trimestre : avoir tenu tête aux sanctions américaines, tout en consolidant ses liens économiques avec l’Asie et les BRICS. Une leçon d’agilité économique dans un monde fracturé.








































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