Le roi des cryptomonnaies franchit un seuil symbolique avec un sommet inédit à 118 000 $, confirmant la vigueur d’une tendance haussière qui défie les incertitudes économiques mondiales. Entre adoption institutionnelle, rareté programmée et appétit spéculatif, le bitcoin redevient le centre de gravité du marché financier global.
Le Bitcoin vient de franchir un nouveau mur du son financier. Ce 10 juillet 2025, la plus célèbre des cryptomonnaies a pulvérisé son précédent record en atteignant 118 000 dollars, soit environ 101 000 euros. Une performance qui consacre sa renaissance spectaculaire, après une année 2022 marquée par les effondrements de plateformes, les scandales et la méfiance généralisée. Ce retournement haussier, entamé fin 2023, se confirme désormais comme une tendance structurelle portée par des fondamentaux renouvelés.
Derrière cette envolée, plusieurs dynamiques convergent. D’abord, l’adoption massive par les investisseurs institutionnels : banques, fonds de pension, assureurs et même certaines banques centrales ont augmenté leur exposition au bitcoin, le considérant de plus en plus comme une réserve de valeur à long terme. Le lancement, début 2025, d’un ETF bitcoin au comptant aux États-Unis a été un catalyseur majeur, offrant une porte d’entrée réglementée et sécurisée aux investisseurs traditionnels.
Ensuite, la rareté mathématique du bitcoin joue à plein. Avec un plafond fixé à 21 millions d’unités, dont plus de 93 % sont déjà en circulation, et un halving survenu en avril dernier réduisant la récompense minière, l’offre disponible diminue pendant que la demande augmente, accentuant mécaniquement la pression haussière sur les prix. À cela s’ajoute un regain de confiance du grand public, qui voit dans le bitcoin une alternative crédible face à l’inflation persistante, aux tensions géopolitiques et à l’instabilité bancaire.
Mais au-delà des chiffres, c’est un tournant narratif qui se joue. Le bitcoin n’est plus perçu uniquement comme une monnaie spéculative ou un outil de blanchiment. Il devient, pour une frange croissante de la population mondiale, un actif stratégique, un contre-pouvoir monétaire, voire un symbole d’indépendance face aux banques centrales. Dans des pays comme l’Argentine, le Nigéria ou la Turquie, où les monnaies locales s’effondrent, le bitcoin est un refuge réel, parfois utilisé au quotidien.
Ce nouveau sommet intervient pourtant dans un climat mondial tendu : ralentissement de la croissance chinoise, incertitudes autour des élections américaines, conflits géopolitiques persistants. Et pourtant, le bitcoin résiste, mieux : il s’envole. Cela renforce l’idée selon laquelle les cryptomonnaies ne sont plus des actifs marginaux, mais des composants à part entière du paysage macro-financier mondial.
Les analystes sont partagés sur la suite : certains anticipent une correction technique, d’autres visent déjà les 150 000 $ d’ici la fin 2025, voire davantage en cas de nouvelles décisions favorables sur le plan réglementaire. Mais une chose est certaine : le bitcoin a réintégré le cœur du jeu économique mondial, et les États, comme les banques centrales, ne peuvent plus l’ignorer.








































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