La Bourse de Paris ouvre ce lundi 7 avril sur une chute historique de 6,8 %, emportée par l’escalade brutale des tensions commerciales entre les États-Unis, la Chine et l’Union européenne. Une guerre douanière mondiale est en marche.
Le réveil est brutal pour les marchés financiers. Ce lundi matin, le CAC 40 dévisse de 6,8 %, tombant à 6.781 points dès l’ouverture, dans un climat alourdi par l’intensification soudaine de la guerre commerciale. Le monde assiste à la montée en puissance d’un conflit tarifaire global dont les conséquences commencent déjà à ébranler les piliers de l’économie mondiale.
Depuis samedi, l’administration Trump a mis en œuvre un droit de douane plancher de 10 % sur l’ensemble des importations américaines. Et ce n’est qu’un début : à compter du 9 avril, plus de 60 pays, dont la Chine et les membres de l’Union européenne, seront visés par des surtaxes supplémentaires allant jusqu’à 34 %. Une offensive économique sans précédent, que Donald Trump justifie comme une “thérapie de choc contre la désindustrialisation” des États-Unis. Il a d’ores et déjà exclu tout recul, malgré la panique qui s’empare des bourses mondiales.
La Chine a immédiatement riposté : Pékin impose désormais des droits de douane de 34 % sur une large gamme de produits américains et menace de restreindre ses exportations stratégiques, notamment dans le secteur des terres rares. Le ton est donné : la guerre commerciale est déclarée, et l’ordre économique mondial vacille.
Les analystes d’Edmond de Rothschild AM ne mâchent pas leurs mots : le taux moyen des droits de douane américains est passé de 2,3 % à 23 % en quelques jours. Les projections sont alarmantes : -1,5 point de croissance du PIB mondial, +1,5 point d’inflation supplémentaire. Pour les investisseurs, c’est le signal rouge : les actifs risqués sont désertés, les valeurs industrielles chutent, et les marchés émergents sont en état de choc.
À Paris, l’effet domino se propage : les valeurs du luxe, de l’automobile et de l’aéronautique — toutes fortement exposées à l’export — s’enfoncent. Le secteur bancaire chute, plombé par les anticipations d’une croissance en berne et de tensions sur les taux. À l’international, les principales places boursières s’alignent dans la dégringolade : Londres, Francfort, Tokyo… tous reculent avec fracas.
Ce que redoutaient les économistes depuis une décennie est en train de se produire : la guerre douanière n’est plus un spectre hypothétique, mais une réalité brutale. Et son coût économique, social et géopolitique ne fait que commencer à se dévoiler.









































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