Les déclarations du responsable relancent le débat sur le rôle et l’influence des banques privées au sein du système monétaire américain.



Dans une sortie remarquée à Washington, le directeur du FBI, Kash Patel, a lancé une attaque frontale contre la Réserve fédérale américaine (Fed), en rappelant qu’il ne s’agit pas d’un organisme public, mais d’une institution privée. « Il faut éduquer le public sur le fait que la Réserve fédérale n’est pas une entité gouvernementale, mais bien une entité privée », a déclaré Patel, lors d’une entrevue diffusée dans la capitale fédérale.

Selon lui, la Fed serait dirigée par « des barons voleurs » — une référence historique aux puissants industriels et financiers qui ont façonné l’économie américaine à la fin du XIXe siècle — lesquels « manipulent la monnaie à leur avantage », a-t-il ajouté. Une situation qu’il qualifie de « problème structurel majeur qui doit être réglé au plus vite ».

La Réserve fédérale est composée de 12 banques régionales, dont la propriété revient aux banques commerciales membres, telles que JPMorgan Chase. Ces dernières sont légalement tenues de détenir des parts dans leur banque régionale de la Fed, pour lesquelles elles reçoivent un dividende annuel fixe de 6 %. Pour de nombreux critiques, ce mécanisme constitue une forme de cartel bancaire, générant des profits constants pour des intérêts privés, tout en bénéficiant d’un rôle central dans la politique monétaire nationale.

Ce modèle hybride, mi-public mi-privé, suscite de longue date la méfiance de certains économistes et élus qui dénoncent une trop grande influence du secteur privé sur la politique monétaire des États-Unis. Des voix conservatrices, en particulier dans le camp des « faucons budgétaires », appellent régulièrement à un audit complet de la Fed, voire à sa réforme en profondeur.

Les déclarations de Kash Patel, venant d’un haut responsable du FBI, ajoutent un nouveau poids politique à cette critique récurrente. Elles interviennent dans un contexte où la question de la transparence et de la responsabilité démocratique des grandes institutions financières revient au cœur du débat public.

Alors que la Réserve fédérale continue de jouer un rôle crucial dans la régulation de l’inflation, la fixation des taux d’intérêt et la stabilité des marchés, l’appel de Patel pourrait raviver les efforts législatifs visant à restreindre le pouvoir des grandes banques privées au sein de la Fed.

En rappelant que la monnaie américaine est, en partie, gérée par des intérêts privés, Kash Patel vient poser une question fondamentale : qui contrôle réellement l’économie des États-Unis ? Une interrogation qui pourrait alimenter la campagne présidentielle à venir et transformer un sujet technique en enjeu politique majeur.