Le Mexique veut tourner la page de l’impunité. La présidente Claudia Sheinbaum accélère les démarches pour rapatrier les centaines de millions de dollars détournés par l’ancien ministre de la Sécurité publique, Genaro García Luna, actuellement incarcéré aux États-Unis.
Claudia Sheinbaum, première femme élue présidente du Mexique, a confirmé mardi que son administration négocie activement le retour des fonds détournés par Genaro García Luna et son épouse, Cristina Pereyra. L’ancien bras droit sécuritaire de l’ex-président Felipe Calderón (2006–2012), condamné à 38 ans de prison pour ses liens avec le cartel de Sinaloa, est accusé d’avoir orchestré un vaste système de corruption et de blanchiment.
Selon le gouvernement mexicain, plus de 580 millions de dollars auraient été détournés via des contrats publics frauduleux, avant d’être réinvestis dans des actifs en Floride. Le procès civil en cours à Miami pourrait se solder par un jugement par défaut, si García Luna et sa femme n’y répondent pas. Un retour des fonds au Trésor mexicain serait alors envisageable, avec l'appui du juge Lisa Walsh.
Pour Claudia Sheinbaum, il ne s’agit pas seulement de justice, mais d’un message clair adressé aux élites corrompues : « Nous sommes en pourparlers avec la Cellule de Renseignement Financier (UIF) pour récupérer ces ressources. S’il n’y a pas d’accord, les poursuites se poursuivront aux États-Unis et au Mexique. »
Ce scandale d’État, au croisement de la corruption systémique, du narcotrafic et de la diplomatie financière, fragilise davantage l’image des administrations passées, accusées d’avoir laissé prospérer les cartels. L’affaire révèle aussi comment les réseaux de corruption peuvent se transformer en investissements internationaux occultes, échappant à la vigilance des autorités fiscales.
Les ambitions de Sheinbaum vont au-delà de la restitution des fonds : il s’agit de renforcer la coopération judiciaire avec les États-Unis, mais aussi d’imposer une gouvernance plus transparente, en rupture avec les décennies de clientélisme et d’opacité budgétaire.
Alors que la région fait face à une recrudescence des violences liées au narcotrafic et à une crise de confiance dans les institutions, cette affaire emblématique est un test majeur pour la nouvelle présidente : faire de l’exemplarité un levier de crédibilité économique et de souveraineté judiciaire. Car dans une économie globalisée, la lutte contre la corruption est aussi une stratégie de développement.
Source : Latina Times








































Laisser un commentaire