Coup de tonnerre historique dans le monde des droits civiques américains : la NAACP a décidé de ne pas convier le président Donald Trump à sa convention nationale 2025 à Charlotte, dénonçant une présidence contraire à sa mission. Une première depuis la fondation de l’organisation en 1909.
La NAACP (National Association for the Advancement of Colored People), doyenne des organisations de défense des droits civiques aux États-Unis, a annoncé ce lundi qu’elle ne conviera pas le président Donald Trump à sa convention nationale prévue le mois prochain à Charlotte, en Caroline du Nord. Une décision sans précédent en 116 ans d’histoire, marquant un tournant dans les relations entre le mouvement et la présidence américaine.
Lors d’une conférence de presse, le président de la NAACP, Derrick Johnson, a déclaré que cette décision n’est pas motivée par des considérations partisanes, mais repose sur le constat d’un affront direct aux principes fondamentaux des droits civiques. « Cela n’a rien à voir avec un parti politique. Notre mission est de faire progresser les droits civiques, et l’actuel président a clairement montré que sa mission est de les éliminer », a-t-il affirmé.
Malgré une demande de réaction, la Maison Blanche n’a pas répondu immédiatement aux sollicitations de la presse.
Au cours des derniers mois, la NAACP a multiplié les actions en justice contre l’administration Trump, notamment en avril dernier, lorsqu’elle a poursuivi le ministère de l’Éducation pour avoir suspendu les fonds fédéraux destinés aux établissements scolaires refusant d’abandonner leurs programmes de diversité, équité et inclusion. L’organisation estime que ces décisions violent les principes d’égalité d’accès à l’éducation, notamment pour les élèves noirs.
La NAACP rappelle qu’elle a toujours entretenu un dialogue avec les présidents, quelle que soit leur couleur politique, même en cas de profond désaccord. Elle cite en exemple la venue du républicain George W. Bush en 2006, malgré des tensions persistantes après la mauvaise gestion de l’ouragan Katrina, catastrophe qui avait lourdement frappé les communautés noires du Golfe du Mexique. Le président Ronald Reagan avait lui aussi accepté l’invitation en 1981, dans un climat tendu après ses propos controversés sur les « welfare queens », considérés comme un discours racialisé visant les femmes afro-américaines.
En dénonçant la montée des discours racistes, les attaques contre les politiques de justice sociale, ainsi que les efforts de démantèlement des protections institutionnelles contre la discrimination, la NAACP considère aujourd’hui que la ligne rouge a été franchie.
Cette exclusion marque un moment décisif dans l’histoire du militantisme afro-américain, soulignant la fracture entre le pouvoir exécutif actuel et les mouvements historiques de défense des minorités. À l’approche des élections présidentielles américaines de 2026, cette décision est lourde de conséquences symboliques et politiques. Elle envoie un message clair à la communauté afro-américaine et à tous les défenseurs des droits civiques : la lutte pour l’égalité ne saurait tolérer les compromis avec ceux qui œuvrent contre elle.
Source : AP NEWS








































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