Face à l’inefficacité persistante du Conseil de sécurité de l’ONU, le secrétaire général Antonio Guterres appelle à une réforme en profondeur, plaidant pour l’élargissement de l’instance et la restriction du droit de veto dans les situations extrêmes, comme les risques de génocide.
Dans une déclaration choc, le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, a ravivé un débat sensible au sein de la diplomatie mondiale : celui de la réforme du Conseil de sécurité de l’ONU, et plus particulièrement de la limitation du droit de veto détenu par ses cinq membres permanents. Dans une interview accordée à la télévision espagnole TVE, le 30 juin 2025, Guterres a dénoncé le manque de légitimité et d’efficacité d’un Conseil qu’il juge inadapté aux réalités géopolitiques contemporaines.
La structure actuelle du Conseil, composée de 15 membres dont 5 permanents (États-Unis, Russie, Chine, France, Royaume-Uni) disposant d’un droit de veto, est de plus en plus contestée. Ce privilège, souvent qualifié d’obstacle majeur à l’action humanitaire internationale, a été au cœur de multiples blocages, notamment sur le dossier israélo-palestinien. Malgré une majorité écrasante à l’Assemblée générale en faveur d’un cessez-le-feu à Gaza, un seul veto américain a suffi à bloquer toute résolution du Conseil, révélant les limites de la gouvernance actuelle.
Pour Guterres, « le Conseil de sécurité n’a plus la légitimité pour représenter le monde d’aujourd’hui ». Il appelle à un élargissement du nombre de membres permanents et non permanents, ainsi qu’à une réforme du droit de veto, particulièrement dans les cas de génocide ou de violations graves du droit international humanitaire. Une proposition audacieuse, mais qu’il reconnaît lui-même difficile à mettre en œuvre, tant les résistances diplomatiques sont puissantes.
Les réactions ne se sont pas fait attendre. Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a vivement critiqué la prise de position du secrétaire général, l’accusant de dépasser ses prérogatives. Pour Moscou, toute réforme doit viser à donner plus de place aux pays d’Asie, d’Afrique et d’Amérique latine, et non affaiblir les leviers de pouvoir historiques. Selon Lavrov, « supprimer le droit de veto rendrait l’ONU inutile ».
Au-delà des grandes puissances, la critique de l’ordre actuel est portée par le Sud global, qui réclame depuis des années une réforme structurelle des Nations unies. L’Afrique, l’Amérique latine et l’Asie dénoncent une instance figée, dominée par les anciennes puissances coloniales, et peu représentative des défis du XXIe siècle.
Le message de Guterres résonne comme un cri d’alarme sur l’avenir du multilatéralisme. Face à un monde en mutation, marqué par des crises géopolitiques majeures, des conflits prolongés et une fragmentation croissante des alliances, l’ONU peine à rester un arbitre crédible et efficace. La légitimité de l'organisation dépendra de sa capacité à se réinventer, à refléter la diversité du monde contemporain et à restaurer la confiance des peuples dans la diplomatie internationale.
Source : RT en Français








































Laisser un commentaire