Au salon de l’automobile de Shanghai, la Chine s’affirme comme le nouveau centre de gravité de l’industrie automobile mondiale. En pleine guerre commerciale, Pékin accélère sur les véhicules électriques et exporte sa domination technologique à grande vitesse.
Le salon de l’automobile de Shanghai, vitrine de l’innovation mondiale et désormais le plus grand événement du secteur, bat son plein jusqu’au 2 mai. Et cette année encore, un constat s’impose : la Chine ne se contente plus de rattraper son retard, elle conduit désormais le peloton mondial.
Les constructeurs chinois comme Trumpchi, BYD, XPeng ou encore Geely dominent les halls d’exposition, éclipsant les marques occidentales pourtant historiques. Face à une demande intérieure colossale et une stratégie d’exportation offensive, la Chine est devenue en 2024 le premier exportateur automobile de la planète, avec 6,4 millions de véhicules vendus à l’étranger, devançant le Japon et l’Allemagne.
Et les ambitions sont claires : 30 % des exportations mondiales de voitures pourraient être chinoises d’ici 2030, selon les projections des analystes. L’enjeu ? Le virage des véhicules électriques (VE) et hybrides rechargeables, un marché dont la Chine détient déjà la première place, avec plus de 26 millions d’unités attendues en 2025. Ce chiffre dépasse largement les ventes combinées de l’Europe et des États-Unis, mettant en lumière le retard structurel des puissances occidentales dans cette révolution verte.
Malgré les tensions commerciales croissantes avec Washington, et de nouvelles taxes douanières imposées par l’administration Trump, les industriels chinois ne ralentissent pas. Au contraire, ils redoublent d’innovation, notamment sur le segment des batteries solides, de l’autonomie des VE et de l’intelligence artificielle embarquée. La stratégie de Pékin est limpide : inonder les marchés émergents d’Asie, d’Amérique Latine et d’Afrique, où les infrastructures de recharge se développent rapidement.
Certes, tous les acteurs chinois ne sont pas à l’abri des secousses. Certaines entreprises du secteur affichent des marges réduites ou doivent composer avec une concurrence féroce. Mais à l’échelle macroéconomique, la dynamique est lancée : la Chine veut devenir le Détroit du XXIe siècle, mais sans dépendre du pétrole ni des technologies occidentales.
L’impact est également géopolitique : avec cette nouvelle hégémonie automobile, la Chine renforce sa position stratégique dans les chaînes de valeur mondiales. Les États-Unis et l’Europe s’inquiètent désormais d’une dépendance croissante aux composants chinois, des batteries aux microprocesseurs.
Plus qu’un salon, Shanghai 2025 est un tournant historique, où le leadership automobile se redéfinit à l’Est. Et si l’on en croit les allées bondées du parc des expositions, c’est désormais le monde entier qui fait la queue pour voir — ou copier — le modèle chinois.








































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