Face à la proposition controversée de Donald Trump d'envoyer l'armée américaine au Mexique pour lutter contre les cartels de la drogue, la présidente mexicaine Claudia Sheinbaum a réaffirmé l'inviolabilité du territoire national, plaidant plutôt pour une coopération bilatérale fondée sur le respect mutuel et la lutte contre le trafic d'armes.



Dans un discours prononcé ce samedi 3 mai, la présidente du Mexique, Claudia Sheinbaum , a révélé avoir repoussé une offre directe du président américain Donald Trump visant à envoyer des troupes américaines sur le sol mexicain, sous prétexte de lutte contre les cartels de la drogue . Une déclaration qui relance le débat sur la souveraineté du Mexique et les méthodes controversées de Washington face à la violence liée au crime organisé dans la région.

S'appuyant sur des révélations du Wall Street Journal , Sheinbaum a confirmé que Donald Trump avait bel et bien proposé une assistance militaire directe lors d'un appel téléphonique entre les deux chefs d'État. « C'est vrai, mais pas comme ils le disent », a précisé la dirigeante mexicaine. « Lors de notre échange, il m'a demandé comment il pouvait aider le Mexique dans la lutte contre le crime organisé. Il a proposé d'envoyer l'armée américaine. »

La réponse de Sheinbaum fut ferme et sans équivoque : « Non président Trump, le territoire du Mexique est inviolable, la souveraineté est inviolable (...), nous n'acceptons jamais la présence de l'armée américaine sur notre territoire. » Une position qui réaffirme la doctrine de non-ingérence du Mexique, historiquement méfiant vis-à-vis des interventions militaires étrangères, en particulier celles de son puissant voisin du nord.

Plutôt que d'ouvrir les portes à une intervention armée américaine, Claudia Sheinbaum a appelé à une coopération fondée sur l'échange de renseignements et des actions coordonnées. Elle a également interpellé Washington sur sa responsabilité dans la prolifération des armes à feu qui alimentent les violences dans son pays : « Nous exigeons que les États-Unis prennent des mesures concrètes pour freiner le trafic d'armes à destination du Mexique. »

Depuis près de vingt ans , le Mexique est secoué par une guerre sanglante entre cartels de la drogue, groupes paramilitaires et forces de sécurité. Le bilan est effroyable : plus de 450 000 morts , des milliers de disparus, des régions entières sous l'entreprise des narco-structures. Si la pression des États-Unis pour intervenir militairement a été récurrente sous les administrations républicaines, jamais un président mexicain n'a cédé à une telle exigence, invoquant à chaque fois la souveraineté nationale.

Cette déclaration de Claudia Sheinbaum survient dans un contexte électoral sensible aux États-Unis, où Donald Trump mène une campagne centrée sur l'immigration illégale, les gangs transnationaux et le renforcement des frontières. Pour le camp Trump, l'option militaire au Mexique est vendue comme une solution rapide à la crise des opioïdes et à l'insécurité frontale. Mais côté mexicain, une telle approche est perçue comme une provocation inacceptable.

En refusant fermement toute intervention étrangère sur son territoire, la présidente Sheinbaum renforce son image de leader nationaliste et indépendantiste , tout en ouvrant la voie à une diplomatie de collaboration plus équitable. Le défi reste immense, mais la position du Mexique est désormais claire : le combat contre le crime organisé se mènera avec le respect de sa souveraineté ou pas du tout .

Source: France TV info