Ce n’est ni une subvention, ni un virement fédéral : le crédit d’impôt pour véhicules électriques est mal compris. Il ne profite pas directement à Tesla, et encore moins à son fondateur.
Non, le gouvernement américain ne verse pas 7 500 dollars à Elon Musk chaque fois qu’une Tesla est vendue. Ce chiffre, largement relayé par certains commentateurs et internautes critiques envers la politique verte, désigne en réalité un crédit d’impôt destiné aux consommateurs, et non un chèque fait à Tesla. C’est un avantage fiscal que le client reçoit s’il remplit les critères d’éligibilité définis par l’IRS : revenus plafonnés, origine des composants de batterie, prix du véhicule et seuil de production déjà atteint par le constructeur.
En d’autres termes, le crédit de 7 500 dollars n’est pas un revenu pour Tesla, ni une subvention directe versée à Elon Musk. Il s’agit simplement d’un mécanisme qui rend certains véhicules électriques plus abordables à l’achat, ce qui stimule indirectement les ventes. L’argent ne passe jamais par Tesla.
Contrairement à la perception populaire, l’entreprise de Musk ne perçoit aucune somme directe de cette mesure fiscale. Elle bénéficie cependant d’autres formes de soutien : un prêt fédéral remboursé depuis 2013, des incitations locales pour la construction d’usines, et la vente de crédits environnementaux à d’autres constructeurs. Mais cela n’a rien à voir avec le crédit d’impôt accordé aux acheteurs.
La confusion est alimentée par le débat autour du projet de loi surnommé "Big Beautiful Bill", récemment introduit à la Chambre des représentants. Ce texte vise à supprimer les crédits d’impôt pour véhicules électriques après 2025, particulièrement pour les entreprises qui ont dépassé le seuil de 200 000 véhicules vendus — ce qui inclut Tesla. Selon certaines estimations, cela pourrait faire perdre jusqu’à 1,2 milliard de dollars de revenus à la marque d’ici fin 2025, et ralentir les ventes de ses modèles les plus accessibles comme la Model 3.
Si ce projet aboutit, cela pourrait aussi affaiblir la valeur des crédits environnementaux que Tesla vend à ses concurrents, puisque des normes plus souples réduiraient leur nécessité.
Ce qu’il faut retenir, c’est que la guerre des récits autour des subventions écologiques est aussi une bataille politique. D’un côté, Elon Musk devient la cible symbolique d’un rejet idéologique des politiques climatiques, de l’autre, la désinformation masque le vrai débat : comment structurer les incitations fiscales pour accélérer la transition énergétique sans fausser la concurrence ?
Elon Musk reste un milliardaire aux multiples revenus, mais pas grâce aux crédits d’impôt fédéraux accordés aux acheteurs de ses voitures. La vérité est simple : le consommateur bénéficie, pas l’entreprise.








































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