La Cour suprême des États-Unis a rejeté vendredi une demande visant à accélérer une procédure judiciaire contre les nouveaux tarifs imposés par Donald Trump, laissant les entreprises affectées face à une incertitude prolongée. Les droits de douane décrétés lors du "Liberation Day" secouent le commerce mondial.



WASHINGTON – Dans un contexte commercial tendu, la Cour suprême des États-Unis a refusé vendredi d’examiner en urgence un recours contre les nouveaux tarifs douaniers imposés par le président Donald Trump, freinant les espoirs de plusieurs entreprises américaines d’obtenir une résolution rapide à un conflit juridique complexe.

L’affaire est née après que Trump a instauré une vague de tarifs massifs en avril, dans le cadre de ce qu’il a baptisé le “Liberation Day”, une initiative destinée à, selon ses mots, “libérer l’Amérique des chaînes d’un commerce mondial injuste”. Les mesures, qui concernent quasiment tous les partenaires commerciaux des États-Unis, ont eu des répercussions immédiates sur les marchés mondiaux.

Mais face aux vives réactions internationales et à la menace de représailles économiques, la Maison-Blanche a partiellement reculé, affirmant que plusieurs pays avaient entamé des négociations. La politique tarifaire de l’administration Trump reste depuis en constante évolution.

Dans ce bras de fer judiciaire, des entreprises américaines, dont le fabricant de jouets Learning Resources Inc. basé à Chicago, ont attaqué les tarifs en justice, arguant qu’ils avaient été imposés de manière inconstitutionnelle, sans l’approbation du Congrès. Elles ont remporté une première victoire devant une cour fédérale de commerce, laquelle a jugé que Trump avait contourné le pouvoir législatif en invoquant des pouvoirs d’urgence.

Cependant, cette décision a été suspendue par une cour d’appel fédérale, permettant ainsi le maintien provisoire des tarifs pendant la poursuite de la procédure judiciaire. Dans un effort de dernière minute, les entreprises ont sollicité la Cour suprême pour qu’elle intervienne avant que la cour d’appel ne rende sa décision, un pari risqué rarement couronné de succès.

La plus haute juridiction du pays a refusé vendredi de faire avancer le dossier, indiquant que l’affaire devait suivre son cours normal devant les juridictions inférieures. Ce choix retarde potentiellement de plusieurs mois voire d’années toute issue définitive.

Rick Woldenberg, PDG de Learning Resources, a exprimé sa frustration auprès de l’Associated Press : « Ces tarifs, et l’incertitude qui les entoure, pèsent lourdement sur notre activité. Les fabricants n’ont tout simplement pas le choix. Il règne un véritable sentiment de désespoir. »

De son côté, l’administration Trump continue de défendre ses actions, en insistant sur le fait que le président détient l’autorité constitutionnelle d’invoquer des pouvoirs d’urgence pour réguler les importations, notamment en réponse à ce qu’elle décrit comme une crise nationale liée au déficit commercial et au trafic de drogue.

Kush Desai, porte-parole de la Maison-Blanche, a affirmé que « l’administration Trump utilise légalement les pouvoirs que lui confèrent la Constitution et le Congrès pour traiter les urgences nationales comme les déficits commerciaux chroniques ». Il ajoute que la Maison-Blanche reste confiante quant à l’issue juridique du dossier, si la Cour suprême accepte ultérieurement de l’examiner.

En attendant, les entreprises impactées doivent composer avec des coûts croissants, une pression sur leurs marges, et une visibilité quasi nulle sur l’avenir du commerce international américain, dans un climat d’instabilité économique amplifié par des tensions géopolitiques persistantes.

Source : AP