La Banque centrale européenne (BCE) a annoncé une perte historique de 7,94 milliards d’euros en 2024, conséquence directe de sa stratégie monétaire pour contrer l’inflation. Une situation inédite qui soulève des questions sur l’avenir des taux et la stabilité financière de l’institution.
Depuis 2022, la BCE a mené une politique de resserrement monétaire agressive, relevant ses taux à plusieurs reprises pour enrayer la flambée des prix. Mais cette stratégie a un coût : les charges d’intérêts ont explosé à 15,7 milliards d’euros en 2024, tandis que les revenus générés par ses actifs n’ont pas suivi la même trajectoire.
En 2023, la BCE avait réussi à amortir le choc grâce à une provision de 6,62 milliards d’euros. Mais ce matelas financier étant épuisé, la perte est désormais pleinement assumée. Résultat : aucun bénéfice ne sera redistribué aux banques centrales nationales cette année, un coup dur pour certains pays dépendants de ces transferts.
Malgré cette situation délicate, la BCE se veut rassurante. Elle prévoit encore quelques années de pertes, mais à un niveau moindre, grâce à une réduction progressive de son bilan. À terme, elle estime que sa solidité financière lui permettra de renouer avec des résultats positifs.
Cette annonce intervient alors que la BCE a déjà réduit ses taux à cinq reprises en 2024. Désormais, une pause monétaire semble envisagée. Isabel Schnabel, membre du directoire, indique que l’impact des taux élevés sur l’économie commence à s’estomper, ouvrant la voie à un changement de cap dans les prochains mois.
Faut-il craindre une fragilisation de la BCE ? Pas nécessairement. Mais cette perte record marque un tournant, soulignant les limites d’une politique monétaire trop longtemps accommodante. Pour la zone euro, l’enjeu est désormais d’éviter un ralentissement économique tout en maintenant la stabilité des prix. Un défi de taille pour Christine Lagarde et son équipe.








































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