Alors que les tensions migratoires s'intensifient en Amérique, Le secrétaire d'Etat américain Marco Rubio compare le redoutable gang Tren de Aragua à Al-Qaïda, justifiant des expulsions forcées controversées. Une position qui soulève des interrogations sur l'équilibre entre sécurité nationale et droits de l'homme.



Les cartels et les gangs transnationaux sont devenus l'une des plus grandes menaces pour la stabilité de l'Amérique latine et des États-Unis. Parmi eux, le Tren de Aragua se distingue par sa brutalité et son influence tentaculaire, s'étendant des prisons vénézuéliennes jusqu'aux rues des métropoles américaines. Récemment, le secrétaire d'Etat américain Marco Rubio a déclaré que certains membres de ce groupe criminel étaient « pires qu'Al-Qaïda », tout en défendant la politique d'expulsions massives menée par l'administration Trump.

Ces déclarations, faites lors d'une visite en Guyane, marquent une escalade dans le discours politique américain sur la question migratoire et la sécurité nationale. Selon Rubio, les autorités américaines ont identifié et ciblé avec précision des individus affiliés à ce gang pour les expulser des États-Unis. Il affirme que ces criminels seraient responsables d'actes de violence et de corruption à une échelle sans précédent.

Cependant, cette politique suscite de vives critiques. Des organisations de défense des droits de l'homme et des proches de migrants expulsés dénoncent des décisions arbitraires. Certains affirment que des innocents, notamment des Vénézuéliens arborant des tatouages suspects, ont été déportés vers des pays où ils risquent la torture ou la mort.

La crise migratoire en Amérique latine a poussé des millions de personnes à fuir la pauvreté et la violence, souvent au prix de leur sécurité. Le Tren de Aragua prospère sur ce chaos, exploitant les réseaux clandestins pour trafic d'êtres humains, drogue et armes. La récente classification du groupe comme organisation terroriste par Donald Trump reflète une volonté de criminaliser davantage l'immigration illégale et de justifier des mesures plus extrêmes.

Si la menace posée par le Tren de Aragua est indéniable, la réponse américaine soulève des questions fondamentales sur l'équilibre entre sécurité et respect des droits de l'homme. Le débat reste ouvert : faut-il sacrifier la procédure régulière pour garantir la sécurité nationale, ou la lutte contre le crime doit-elle s'inscrire dans un cadre juridique rigoureux garantissant la justice pour tous ?

Source: AFP