À peine revenu au pouvoir, Donald Trump insuffle une nouvelle ère de polarisation extrême, de mesures choc et de défis à l’ordre démocratique, confirmant que sa présidence ne fait que commencer – dans un climat tendu, où autoritarisme, économie instable et nationalisme exacerbé se conjuguent.



Le décor est planté : Donald Trump, 78 ans, ne cherche plus à convaincre l’ensemble de l’électorat américain, mais à galvaniser sa base. Depuis le Michigan, l’ancien président devenu à nouveau locataire de la Maison-Blanche a promis mardi que son « œuvre » ne faisait que commencer. Un discours électrisant, tenu devant des partisans en délire, a marqué ce que beaucoup considèrent déjà comme le début d’un second mandat plus radical, plus personnel et plus vindicatif que le premier.

Trump a revendiqué avec arrogance « les 100 premiers jours les plus réussis de toute administration dans l’histoire de notre pays », en dépit d’une baisse historique des marchés financiers et d’un désenchantement visible dans les sondages d’opinion. Au lieu d’un appel au rassemblement, Trump a réitéré sa stratégie de division : Joe Biden est « endormi », les juges sont « communistes », les démocrates sont des « extrémistes de gauche », les médias sont « les ennemis du peuple ».

Sur le plan économique, sa guerre commerciale reprend de plus belle. Tarifs douaniers agressifs, menaces contre les partenaires commerciaux historiques des États-Unis, suspension de l’aide étrangère : Trump impose sa vision isolationniste à coups de décret. Son rapprochement avec Elon Musk, qui mène une réduction massive des effectifs fédéraux, symbolise une dérive vers une gouvernance technocratique sans contre-pouvoir.

Mais cette posture guerrière se heurte à la réalité : les marchés boursiers, en baisse de plus de 6 % depuis sa prise de fonctions, ont péniblement rebondi après l’annonce d’un éventuel assouplissement des tarifs douaniers sur le secteur automobile. Ce revirement soudain trahit une prise de conscience des limites de sa stratégie économique, sans que cela ne tempère pour autant son autoritarisme grandissant.

Le nouveau Trump se veut invincible, entouré non plus de modérateurs mais de fidèles absolus. Il a personnellement retiré de la Maison-Blanche le portrait de Barack Obama pour le remplacer par une toile à sa propre gloire. Il a aussi gelé des milliards de dollars de subventions aux universités, désormais accusées d’être des bastions de l’« anti-américanisme ».

Le point culminant de cette démonstration de force fut sans doute la diffusion d’une vidéo choquante de migrants menottés, tondus, à genoux, symbolisant sa politique d’expulsion assumée comme spectacle politique. Ce moment, acclamé par des cris de « USA ! USA ! », alerte sur une dérive visuelle et idéologique à l’extrême droite, qui banalise la déshumanisation de l’autre au nom de la sécurité nationale.

L’image d’un président survivant à une tentative d’assassinat, peinte et exhibée dans le hall de la Maison-Blanche, achève de créer une atmosphère de culte de la personnalité. Trump ne se contente plus de gouverner : il façonne un récit historique où il serait le sauveur martyrisé, l’élu de la nation face aux traîtres.

Alors que les États-Unis s’enfoncent dans un climat de division et d’hostilité, l’avenir du pays semble suspendu à une présidence qui rejette les contre-pouvoirs, menace les libertés civiles, et manipule les émotions populaires. Le deuxième mandat de Donald Trump ne fait que commencer. Et il promet d’être encore plus explosif que le premier.