Donald Trump rejette l’offre de l’Union européenne pour une suppression mutuelle des droits de douane sur les produits industriels. Résultat : dès mercredi, les importations européennes aux États-Unis seront taxées à hauteur de 20 %, précipitant l’économie transatlantique dans une confrontation sans précédent.



Le bras de fer commercial entre Washington et Bruxelles prend une tournure dramatique. Alors que l’Union européenne proposait d’instaurer un zéro droit de douane sur l’ensemble des échanges de biens industriels, Donald Trump a sèchement décliné l’offre ce lundi, déclenchant une onde de choc dans les milieux diplomatiques et financiers.

Dès ce mercredi, les importations européennes seront surtaxées à hauteur de 20 %, touchant de plein fouet des secteurs clés comme l’automobile, l’aéronautique, la chimie ou encore les biens d’équipement. Pour Trump, l’Europe "nous prend notre argent" tout en profitant gratuitement de la protection militaire américaine. Le président américain justifie ces tarifs punitifs comme une mesure de rééquilibrage stratégique, et annonce clairement la couleur : "America First".

L’Union européenne, qui espérait encore une désescalade, a suspendu en urgence sa surtaxe symbolique sur le bourbon américain, en signe d’ouverture. Mais derrière ce geste, Bruxelles prépare une riposte plus large, avec une liste de produits ciblés qui devrait faire mal aux bastions économiques et électoraux de Trump : diamants, yachts, tabac, pare-brise, produits agricoles... tout est sur la table.

Le contexte mondial se tend dangereusement. Quelques heures après le rejet de l’offre européenne, Trump a enchaîné avec une autre annonce choc : une taxe de 50 % sur les produits chinois, venant s’ajouter aux surtaxes de 20 % et 34 % déjà en vigueur. L’UE et la Chine deviennent ainsi les deux principaux adversaires commerciaux des États-Unis, et les investisseurs redoutent une rupture systémique de la mondialisation telle que nous la connaissions.

Les 27 États membres de l’UE affichent pour l’instant une unité de façade, appelant à une réponse proportionnée mais ferme. L’Allemagne, très exposée, plaide pour une solution diplomatique, tandis que la France et l’Espagne poussent pour des contre-mesures ciblées dès avril.

Pour les entreprises européennes, c’est l’heure de vérité. Les chaînes d’approvisionnement, déjà fragilisées par les hausses de coûts, pourraient imploser sous l’effet combiné de la hausse des tarifs douaniers, de l’inflation importée et d’un possible ralentissement de la demande américaine.

Les marchés financiers, eux, sont entrés en zone de turbulence. L’euro recule face au dollar, le CAC 40 enchaîne une deuxième journée de baisse, et les secteurs exportateurs plongent. Les analystes évoquent désormais une guerre commerciale globale, qui pourrait soustraire jusqu’à 2 points au PIB européen en 2025 selon les estimations de l’OCDE.

À Bruxelles, le message est clair : l’Europe tend la main, mais ne pliera pas. Le dilemme est désormais stratégique : répondre coup pour coup au risque d’une escalade, ou garder le cap de la négociation dans un environnement devenu explosif.