Le président Donald Trump a rejeté avec véhémence l’évaluation de sa propre directrice du renseignement national, Tulsi Gabbard, qui affirme qu’Iran ne construit pas de bombe nucléaire. Une prise de position qui relance les tensions sur la politique étrangère américaine et la crédibilité de ses services de renseignement.
Le président Donald Trump a, une fois de plus, fait fi des avis de ses conseillers en matière de sécurité nationale. Dans un échange tendu avec des journalistes à bord d’Air Force One dans la nuit de lundi à mardi, Trump a affirmé qu’Iran était « très proche » d’avoir une arme nucléaire, en dépit des évaluations contraires de la communauté du renseignement américain.
Interpellé par Kaitlan Collins de CNN, le président a été invité à commenter les déclarations de Tulsi Gabbard, sa directrice du renseignement national. En mars dernier, Gabbard avait déclaré devant le House Permanent Select Committee on Intelligence que « l’Iran ne construisait pas d’arme nucléaire » et que le guide suprême, l’ayatollah Khamenei, n’avait pas donné son feu vert à la reprise du programme suspendu depuis 2003.
Mais Trump a balayé cette position d’un revers de main. « Je m’en fiche de ce qu’elle a dit », a-t-il répliqué en secouant la tête. « Je pense qu’ils étaient très proches d’en avoir une », a-t-il insisté, sans fournir d’élément probant venant contredire les conclusions de sa propre agence.
Cette déclaration présidentielle ravive les inquiétudes concernant la politique étrangère des États-Unis vis-à-vis de l’Iran, à un moment où les tensions régionales restent élevées et les alliances internationales fragilisées. Les mots de Trump, en totale contradiction avec les données du renseignement, posent une question cruciale : qui fixe la réalité en matière de sécurité nationale — le président ou ses agences spécialisées ?
Tulsi Gabbard, ancienne représentante démocrate et aujourd’hui à la tête de la communauté du renseignement sous Trump, n’a pas encore répondu publiquement. Mais ses prises de position passées, notamment sur X (anciennement Twitter), sont revenues hanter l’actualité. Dans un post viral de 2020, elle écrivait : « À tous ceux qui ont voté pour Trump à cause de sa rhétorique anti-guerre, il est temps de réaliser qu’il vous a menti. »
L’écart entre les déclarations de Trump et l’évaluation officielle de la communauté du renseignement américain sur l’Iran n’est pas nouveau, mais il met à jour une fracture profonde dans la conduite de la politique de sécurité nationale. À l’approche d’échéances électorales majeures, ce genre de sortie soulève aussi des questions sur la cohérence et la fiabilité du leadership américain face aux enjeux nucléaires internationaux.









































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