Donald Trump relance la guerre économique contre le Venezuela et ses partenaires. À partir du 2 avril, tout pays important du pétrole vénézuélien verra ses exportations vers les États-Unis frappées d’une taxe punitive de 25 %. Une annonce qui fait trembler Pékin, Bruxelles et New Delhi.



Le protectionnisme version Trump passe à la vitesse supérieure. Dans un message publié sur Truth Social, le président américain a dévoilé une nouvelle salve de sanctions commerciales visant le Venezuela et, par ricochet, ses partenaires économiques. Dès avril, les importateurs d’or noir vénézuélien devront s’acquitter d’une taxe de 25 % sur toutes leurs marchandises expédiées vers les États-Unis. Une mesure radicale, justifiée par l’hostilité du régime de Nicolas Maduro et l’afflux de migrants vénézuéliens aux frontières américaines.

Cette décision marque une rupture brutale avec la politique de levée progressive des sanctions engagée par l’administration Biden. En 2023, Washington avait temporairement autorisé Chevron à reprendre ses activités au Venezuela en échange de concessions électorales promises par Caracas. Mais Trump, fidèle à sa ligne dure, accuse Maduro de manipuler le processus démocratique et de favoriser l’émigration de populations qu’il qualifie de « très violentes ».

Les répercussions géopolitiques de cette taxe pourraient être considérables. La Chine, principal acheteur du brut vénézuélien (55 % des exportations), risque d’être particulièrement affectée. L’Europe, qui a augmenté ses importations en raison des sanctions contre la Russie, ainsi que l’Inde, autre acteur majeur du marché, se retrouvent également dans le viseur. Cuba, historiquement soutenu par le pétrole vénézuélien, pourrait voir son économie encore plus fragilisée.

Ce tour de vis s’inscrit dans un plan plus large de taxation « réciproque » des importations aux États-Unis, un projet que Trump qualifie déjà de « jour de la libération » pour l’industrie américaine. Loin d’être une simple mesure contre le Venezuela, cette politique protectionniste annonce un durcissement global des relations commerciales entre les États-Unis et ses principaux partenaires. Une nouvelle escalade dans la guerre économique menée par Trump, dont les effets pourraient redessiner les équilibres du commerce international.