Donald Trump relance son offensive contre Jerome Powell, accusant le président de la Réserve fédérale de nuire à l’économie américaine avec des taux "artificiellement élevés". Une attaque directe à l’approche d’une échéance électorale cruciale, alors que la politique monétaire devient un champ de bataille stratégique.



La tension monte à Washington entre la Maison-Blanche et la Réserve fédérale. Dans une démarche inédite mêlant communication politique et pression institutionnelle, Donald Trump a adressé ce lundi une note personnelle à Jerome Powell, président de la Fed, l’exhortant à baisser drastiquement les taux d’intérêt américains. Pour appuyer son message, le président a joint un graphique comparatif illustrant les taux pratiqués dans une trentaine de pays, soulignant que les États-Unis figuraient parmi les plus élevés.

« Jerome, comme d’habitude, tu es trop lent. Tu coûtes une fortune aux États-Unis », peut-on lire dans le message transmis, selon la porte-parole Karoline Leavitt. Trump y dénonce la politique actuelle de taux maintenus entre 4,25 % et 4,5 %, qu’il juge totalement déconnectée de la réalité économique et inflationniste.

Cette nouvelle salve intervient alors que la Fed a maintenu ses taux inchangés pour la quatrième fois consécutive, invoquant la prudence face aux incertitudes liées aux tarifs douaniers et à l’évolution de l’inflation. Mais pour Trump, la patience de Powell est synonyme d’aveuglement stratégique.

Plus qu’un simple désaccord économique, l’affaire prend une tournure politique. Trump a publiquement qualifié Powell de « médiocre », de « Mr. Too Late », allant jusqu’à remettre en cause ses capacités intellectuelles lors du dernier sommet de l’OTAN. Une rhétorique musclée, mais révélatrice d’un enjeu plus profond : la volonté de reprendre le contrôle de la politique monétaire pour stimuler artificiellement l’économie à l’approche des élections de 2026.

Trump propose une baisse agressive des taux à 1 % voire 2 %, estimant que les États-Unis sont désavantagés face à des concurrents internationaux bénéficiant de conditions monétaires bien plus accommodantes, comme la Suisse, le Japon ou même le Botswana. Selon lui, des centaines de milliards de dollars seraient ainsi perdus inutilement, alors que l’économie américaine affiche des indicateurs au vert.

Mais la Fed, en tant qu’institution indépendante, résiste. Powell, nommé par Trump lui-même en 2018, reste sur sa ligne de prudence, préférant observer les effets potentiels des tensions commerciales sur l’inflation avant d’ajuster les taux.

La question de sa succession est désormais ouverte. Trump a confirmé être en train de présélectionner « trois ou quatre » candidats pour remplacer Powell à l’issue de son mandat en 2026. Une manière de verrouiller les prochaines orientations de la banque centrale en fonction d’objectifs plus politiques qu’économiques.

Cette confrontation soulève une problématique fondamentale : l’indépendance des banques centrales peut-elle survivre à l’ère des populismes économiques ? Dans un contexte de dette publique élevée, d’instabilité géopolitique et de déséquilibres financiers mondiaux, la pression politique sur la Fed pourrait bien peser lourd sur les marchés et l’avenir de la politique monétaire américaine.

Source: FOX BUSINESS