Donald Trump vient de faire sauter un verrou stratégique dans le commerce international. En imposant brutalement une taxe douanière de 30 % sur les importations en provenance de l’Union européenne et du Mexique, le président américain propulse le monde dans une nouvelle phase d’escalade commerciale. Une manœuvre politique musclée aux conséquences économiques explosives.



C’est une gifle économique qui claque sur deux continents. Dans une déclaration sans détour, Donald Trump a annoncé l’instauration immédiate de droits de douane de 30 % sur tous les produits européens, avec le Mexique dans la ligne de mire pour inaction présumée face aux cartels et au fentanyl. Le message est limpide : les partenaires traditionnels des États-Unis sont désormais traités comme des concurrents à dompter. Cette attaque frontale contre l’Union européenne, pourtant pilier du commerce transatlantique, réactive les cicatrices ouvertes des précédentes guerres commerciales de l’ère Trump.

Mais cette fois, l’échelle est plus vaste, le ton plus dur, et l’urgence plus grande. L’UE est sommée d’ouvrir totalement son marché intérieur aux produits américains, sous peine de voir les sanctions s’alourdir. Une exigence perçue comme une forme de chantage économique, au moment même où le Vieux Continent lutte contre une inflation persistante, une consommation atone et des prévisions de croissance révisées à la baisse.

Les réactions n’ont pas tardé : Ursula von der Leyen évoque une possible riposte commerciale mais se dit toujours ouverte à un accord avant le 1er août. Le président du Conseil européen, António Costa, met en garde contre l’effet boomerang de ces mesures : “Les droits de douane sont des taxes déguisées qui freinent la croissance et nourrissent l’inflation.” D’autres dirigeants, comme Giorgia Meloni et Dick Schoof, appellent à une position commune européenne fondée sur le dialogue, tout en préparant un plan de représailles commerciales d’une valeur de 21 milliards d’euros, gelé jusqu’au 14 juillet.

Bruxelles a convoqué une réunion d’urgence avec les 27 ambassadeurs pour harmoniser les positions. En coulisse, la nervosité monte. Car au-delà des postures diplomatiques, une réalité s’impose : une guerre tarifaire d’une telle ampleur pourrait désorganiser les chaînes d’approvisionnement, renchérir les coûts pour les consommateurs et frapper de plein fouet les secteurs stratégiques comme l’automobile, l’aéronautique, les semi-conducteurs ou l’agroalimentaire.

Pour le Mexique, déjà sous pression constante sur la question migratoire et sécuritaire, cette décision constitue une humiliation diplomatique et un coup dur pour une économie fortement dépendante du commerce bilatéral avec les États-Unis. Une situation explosive, à la frontière de la crise.

Trump, lui, capitalise sur la résilience des marchés financiers, qui continuent d’afficher une forme de complaisance à l’égard de sa stratégie de pression tarifaire. Mais derrière cette stabilité de façade, c’est l’ordre économique mondial qui vacille, affaibli par l’unilatéralisme américain et la défiance croissante envers les institutions multilatérales.

À moins d’un revirement diplomatique majeur, le monde se dirige vers une nouvelle ère de fragmentation commerciale, marquée par la montée des blocs, la redéfinition des alliances et une guerre des normes de plus en plus visible. Ce coup de semonce tarifaire de Trump pourrait bien devenir le détonateur d’un désordre économique durable, où la règle est dictée par la force plutôt que par l’accord.