Le président américain Donald Trump menace une nouvelle fois l’Union européenne de droits de douane massifs. Ce 1er juin pourrait marquer un tournant critique dans les relations économiques transatlantiques.



Les marchés retiennent leur souffle. En une déclaration sur sa plateforme Truth Social, Donald Trump a ravivé les tensions économiques avec l’Union européenne, en annonçant une surtaxe douanière de 50 % sur les importations européennes, applicable dès le 1er juin. Le président américain, fidèle à son approche transactionnelle et musclée du commerce international, estime que « les discussions ne vont nulle part » et accuse l’UE d’avoir été « créée pour profiter des États-Unis ».

Cette sortie fracassante relance la guerre commerciale USA-UE et menace de faire basculer une relation économique déjà fragilisée. Les produits européens, taxés actuellement à une moyenne de 12,5 %, pourraient bientôt faire face à un véritable tsunami tarifaire, dans un contexte de campagne électorale où Trump cherche à galvaniser sa base protectionniste.

Pour le président américain, la liste des griefs est longue : barrières commerciales injustes, TVA déséquilibrée, manipulations monétaires, poursuites contre des entreprises américaines, et surtout un déficit commercial « insupportable ». Il avance des chiffres impressionnants, estimant ce déséquilibre à plus de 300 milliards de dollars, quand les données officielles de l’USTR l’évaluent à 235 milliards. La Commission européenne, quant à elle, nuance fortement cette vision, chiffrant l’excédent de l’UE à seulement 150 milliards d’euros sur les biens, compensé en partie par 50 milliards d’euros d’excédent américain dans les services.

L’instabilité réglementaire devient chronique, et le scénario d’un bras de fer prolongé se précise. Les discussions entamées ces derniers mois entre Maros Sefcovic, commissaire européen au Commerce, et les hauts responsables américains, dont le secrétaire au Commerce Howard Lutnick et le représentant au Commerce Jamieson Greer, peinent à porter leurs fruits. La trêve tarifaire de 90 jours, censée favoriser un terrain d’entente, arrivera à expiration début juillet, sans signe d’accord à l’horizon.

Pour les entreprises européennes, notamment dans l’automobile, le luxe ou l’agroalimentaire, cette menace douanière représente un choc potentiellement destructeur. L’Allemagne, la France, les Pays-Bas et l’Italie pourraient voir leurs exportations lourdement pénalisées, dans un contexte de ralentissement économique mondial et d'inflation persistante.

Mais au-delà des chiffres, c’est l’ordre commercial mondial qui vacille. Après le retrait des États-Unis de plusieurs accords multilatéraux et le sabordage de l’OMC sous le premier mandat Trump, cette nouvelle attaque contre l’UE souligne une rupture stratégique durable. Washington ne veut plus simplement négocier : il impose, il taxe, il menace.

Pour les investisseurs, les analystes et les décideurs politiques, cette nouvelle escalade appelle à la vigilance : la zone euro pourrait devoir réagir rapidement avec des contre-mesures ciblées, sous peine de subir un déséquilibre croissant dans ses échanges transatlantiques.

Source : Figaro