En annonçant le report des nouvelles surtaxes douanières au 1er août, Donald Trump donne un répit à l’économie mondiale et rassure Wall Street. Mais cette stratégie tarifaire agressive pourrait, à terme, fragiliser les chaînes de valeur et faire grimper l’inflation.
Donald Trump vient de retarder, une fois de plus, l’échéance d’un bras de fer commercial mondial. Les nouvelles hausses de droits de douane, prévues initialement pour le 9 juillet, sont désormais reportées au 1er août. Ce court sursis est accueilli favorablement par les marchés : le S&P 500 et le Nasdaq ont immédiatement réagi à la hausse. Pourtant, derrière ce soulagement de façade, c’est une incertitude globale qui s’installe.
Trump a promis une refonte complète des règles du commerce international, en imposant des « tarifs réciproques » pouvant atteindre jusqu’à 70 % sur les produits importés de plus de 100 pays. L’objectif affiché est clair : rétablir ce qu’il considère comme un équilibre commercial rompu, forcer la main à des partenaires jugés trop avantageux, et renforcer la production nationale.
Plusieurs nations clés ont entamé ou conclu des pourparlers. Le Vietnam a déjà signé un accord imposant 20 % de droits sur ses exportations vers les États-Unis, et jusqu’à 40 % si les marchandises proviennent d’un autre pays — une attaque indirecte contre le transbordement chinois. Pékin, justement, a obtenu quelques concessions sur les logiciels et l’éthane, mais reste dans le viseur. L’Union européenne négocie dans l’urgence pour éviter une taxe de 50 % sur plusieurs de ses secteurs industriels. Le Canada, de son côté, a supprimé sa taxe sur les services numériques, espérant amadouer Washington. Quant à la Corée du Sud, elle sollicite un délai et propose un nouveau partenariat industriel.
Le ton monte toutefois avec le Japon, où Trump évoque des droits de 30 à 35 %, accentuant les tensions.
À court terme, les investisseurs saluent ce report : il permet de maintenir l’équilibre fragile entre croissance et inflation. Les entreprises peuvent encore anticiper, ajuster leurs commandes, et négocier des exemptions. Mais le calendrier resserré laisse peu de marge, et la menace de nouvelles hausses en août pourrait frapper fort les importateurs, notamment dans les secteurs de la tech, de l’automobile et du textile.
Le principal risque, selon plusieurs analystes, est une hausse progressive des prix à la consommation, alimentée par l’augmentation des coûts logistiques et douaniers. Car contrairement aux affirmations répétées de Trump, les tarifs sont payés par les importateurs américains… et donc, in fine, par les consommateurs.
Ce bras de fer tarifaire devient aussi un outil de campagne. À moins d’un an des élections, Trump joue la carte du protectionnisme comme levier électoral. Mais cette stratégie pourrait s’avérer risquée : elle renforce les tensions diplomatiques, complique les alliances commerciales, et met à l’épreuve la résilience des marchés mondiaux.
Reste à savoir si cette offensive commerciale conduira à des accords durables et équilibrés, ou si elle plongera l’économie mondiale dans une nouvelle ère de fragmentation. Car derrière les chiffres et les droits de douane, se joue un enjeu majeur : le leadership économique des États-Unis face à la montée des puissances émergentes.








































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