Alors que Donald Trump menace l’Iran et évoque une intervention américaine, un influent sondeur du camp MAGA tire la sonnette d’alarme : une guerre au Moyen-Orient pourrait faire perdre la majorité républicaine pour dix ans. Le dilemme expose une fracture idéologique au sein même du camp conservateur.



WASHINGTON — La montée en puissance du conflit entre Israël et l’Iran, alimentée par les déclarations belliqueuses du président Donald Trump, provoque des remous profonds au sein de son propre camp. Lundi, Rich Baris, directeur de Big Data Poll et figure centrale du mouvement Make America Great Again (MAGA), a mis en garde contre un risque majeur : « Si Trump entraîne les États-Unis dans une guerre au Moyen-Orient, les Républicains pourraient perdre le Congrès pour une décennie. »

Dans une série de publications sur X (anciennement Twitter), Baris a dénoncé ce qu’il considère comme une trahison des principes du mouvement MAGA : l’opposition à toute guerre étrangère inutile. « Démarrer une nouvelle guerre ne sauve jamais une présidence. Mais cela peut assurément en détruire une, surtout lorsqu’elle reposait sur la promesse de ne plus sacrifier l’Amérique dans des conflits étrangers pendant qu’elle est négligée à l’intérieur », a-t-il écrit.

En ligne de mire : le soutien inconditionnel de Trump à Israël, alors que ce dernier a lancé une série de frappes aériennes massives contre des installations militaires et nucléaires iraniennes. Trump, tout en affirmant ne pas vouloir s’impliquer directement « pour le moment », a exigé mardi une « reddition sans conditions » de Téhéran, et menacé à demi-mot le guide suprême iranien, Ali Khamenei, déclarant : « Nous savons où il est. Nous ne le tuerons pas… du moins pas encore. »

Pour Baris, le prétexte de la menace nucléaire iranienne est une « fiction utilisée par l’élite politique » pour entraîner les États-Unis dans un conflit « inutile et contre-productif ». « Israël prétend devoir attaquer préventivement l’Iran à cause de ses capacités nucléaires imminentes. C’est un mensonge. » Et de conclure, alarmiste : « Si Trump appuie sur la gâchette, c’en est fini de MAGA. »