Le président Donald Trump hausse le ton contre la Réserve fédérale, exigeant une baisse immédiate d’un point des taux d’intérêt. Une pression politique inédite qui soulève des inquiétudes sur l’indépendance de la banque centrale alors que l’économie américaine montre des signes de ralentissement.



Le président Donald Trump a attaqué frontalement la Réserve fédérale américaine (Fed) et son président Jerome Powell, qu’il avait pourtant nommé en 2018. Sur son réseau social, Trump a réclamé une baisse brutale des taux d’intérêt de 1 point, qualifiant Powell de « Trop tard à la Fed » et l’accusant de nuire à l’économie nationale.

Ses arguments s’appuient sur des comparaisons internationales : « L’Europe a déjà abaissé ses taux dix fois ! », martèle Trump, qui estime que les États-Unis sont à la traîne. Selon lui, la baisse des taux serait une stratégie gagnante : « Il n’y a pratiquement plus d’inflation. Si elle revient, vous n’aurez qu’à les remonter. C’est simple !! ».

Mais cette intervention politique heurte un principe fondamental du système financier américain : l’indépendance de la banque centrale. La Fed, chargée de stabiliser les prix et de soutenir l’emploi, ajuste ses taux en fonction de données économiques, et non sous la pression politique.

Le timing de cette déclaration n’est pas anodin. Les derniers chiffres de l’emploi publiés pour mai révèlent une création d’emplois plus faible qu’attendu, avec des révisions à la baisse pour les mois précédents. Des signes qui laissent entrevoir un ralentissement du marché du travail, renforçant les spéculations sur une éventuelle baisse des taux plus tard cette année.

Trump, cependant, voit plus grand et plus vite : « Allez chercher un point complet, Rocket Fuel ! », a-t-il lancé, promettant que cette mesure relancerait massivement la croissance et ferait baisser les intérêts sur la dette publique. Une rhétorique populiste mais risquée, alors que l’inflation reste au-dessus des cibles de long terme et que les marchés craignent un retour de l’instabilité.

En 2025, à l’heure où l’économie mondiale se fragilise, ce bras de fer entre la politique et la finance pourrait peser lourd sur la trajectoire du dollar, des marchés obligataires, et sur la crédibilité à long terme de la Fed. Le débat est lancé : la politique monétaire doit-elle suivre les cycles économiques… ou les ambitions présidentielles ?