Un juge nommé par Obama empêche l’administration Trump de suspendre des financements fédéraux destinés à des programmes d’équité, de diversité et d’inclusion (DEI) et de soutien à l’idéologie de genre, soulignant l’illégalité d’une telle utilisation politique des fonds publics.



Un rebondissement judiciaire majeur vient freiner les velléités du président Donald Trump de démanteler les initiatives fédérales en matière de diversité, d’équité et d’inclusion (DEI) ainsi que les programmes liés à l'identité de genre. Le juge fédéral Jon Tigar, nommé par Barack Obama, a émis une injonction bloquant l’application de deux décrets exécutifs de l’administration Trump, qui visaient à conditionner l’accès aux fonds publics à l’abandon de ces principes progressistes.

Dans son verdict, le juge Tigar a fermement rappelé que « l’exécutif ne peut pas instrumentaliser les fonds approuvés par le Congrès pour discriminer des communautés protégées ou pour réprimer des idées qu’il considère dangereuses ou indésirables ». Cette décision survient alors que Trump est de nouveau plongé dans une bataille judiciaire, cette fois contre la National Urban League, qui a intenté une action pour excès de pouvoir présidentiel.

Le cas emblématique cité dans le procès concerne la San Francisco AIDS Foundation, bénéficiaire d’une subvention de 1,3 million de dollars sur cinq ans, accordée en 2023 par les CDC (Centers for Disease Control and Prevention). Ce financement visait à élargir l’accès aux services de santé sexuelle pour la communauté LGBTQ+. En avril 2025, cette organisation s’est vue ordonner par les CDC de mettre fin immédiatement à toutes les activités ou partenariats promouvant la DEI ou “l’idéologie de genre”, une exigence imposée pour se conformer aux nouveaux décrets présidentiels.

Les plaignants, incluant plusieurs organisations de défense des droits civiques, estiment que le président a outrepassé ses prérogatives constitutionnelles en imposant de telles restrictions sur des fonds que seul le Congrès est habilité à conditionner. Cette tentative de remodeler l’usage des ressources publiques à des fins idéologiques est perçue comme une attaque directe contre les acquis progressistes des dernières décennies, hérités en partie de l’administration Obama.

Ce jugement constitue une nouvelle défaite juridique pour Donald Trump, déjà confronté à plusieurs blocages judiciaires depuis le retour de ses ambitions présidentielles. Alors que les tensions idéologiques se durcissent à l’approche des élections, la décision du juge Tigar pourrait bien servir de précédent, en fixant une ligne rouge juridique face à toute instrumentalisation partisane des subventions fédérales. Cette affaire place au cœur du débat national les questions de liberté d’expression, d’autonomie des ONG, et de respect des droits des minorités dans l’allocation des fonds publics.