Face aux délais records d’obtention de visa pour les États-Unis, l’administration Trump envisage une option express à 1 000 dollars pour les entretiens, une mesure qui soulève autant d’espoirs que de controverses juridiques.



Alors que la politique migratoire américaine s’oriente vers un durcissement notable sous l'impulsion de l’administration Trump, un nouveau projet suscite un vif intérêt : la mise en place d’une option « coupe-file » payante à 1 000 dollars pour les entretiens de visa touristique (B1/B2). Selon une note interne confidentielle obtenue par Reuters, cette mesure permettrait aux demandeurs les plus fortunés d’accéder plus rapidement à un rendez-vous dans les ambassades américaines.

À l’heure actuelle, les délais d’attente pour un visa touristique vers les États-Unis peuvent dépasser 300 jours, en particulier dans les pays d’Amérique latine, d’Afrique ou d’Asie du Sud. Dans cette optique, la création d’un service prioritaire, bien que non obligatoire, viserait à répondre à la frustration croissante des candidats au voyage, notamment à l'approche d’événements internationaux majeurs comme la Coupe du Monde 2026.

Mais ce privilège a un coût : 1 000 dollars, en plus des 185 dollars requis pour la demande standard, soit un total de 1 185 dollars. Un tarif qui soulève déjà de nombreuses critiques.

Sur le plan juridique, le projet reste fragile. La note interne souligne que le tarif excède le coût réel du service et pourrait violer la jurisprudence de la Cour suprême, interdisant aux agences fédérales de réaliser des profits sur des services publics. Le Bureau du budget de la Maison-Blanche et les tribunaux fédéraux pourraient donc s’opposer à sa mise en œuvre.

Par ailleurs, aucune confirmation officielle n’a été donnée par le Département d’État, qui se contente de déclarer que l’organisation des rendez-vous de visa est « dynamique et en constante évolution ».

Les conséquences touristiques ne sont pas négligeables. Selon le World Travel and Tourism Council, l’instauration d’un tel système pourrait dissuader de nombreux touristes internationaux, déjà confrontés à des politiques migratoires plus restrictives et à un dollar fort. L’organisation estime que les dépenses des visiteurs étrangers pourraient chuter de 7 % en 2025, une tendance qui s’aggraverait si les États-Unis devenaient perçus comme une destination plus élitiste et moins accessible.

En résumé, alors que le débat sur l'immigration et l’accès au territoire américain reste central, cette nouvelle initiative de l’administration Trump pourrait profondément transformer l'expérience des voyageurs internationaux – en faveur des plus riches, au détriment des autres.